Pourquoi le cerveau décline-t-il avec l’âge et existe-t-il des moyens de l’éviter?

Le cerveau décline très variablement avec l’âge. Savoir pourquoi demande une meilleure compréhension de son fonctionnement.

Quels sont les liens entre l’activité neurale et les fonctions du cerveau, intelligence mémoire créativité etc ? Ils restent très vagues si l’on s’en tient aux études actuelles, qui ne valident que des corrélations.

Des constats retiennent l’attention :

1) Ce n’est pas la diminution du nombre de neurones qui est en cause dans le déclin cérébral. Une pathologie telle que l’hydrocéphalie peut limiter la croissance du cerveau à 10% du nombre normal de neurones et pourtant son propriétaire a une intelligence normale.

2) Ce n’est pas le nombre de connexions neurales qui fait la performance cérébrale. Les nouveaux-nés en possèdent une quantité très supérieure à l’adulte mais leur savoir est embryonnaire. C’est au contraire un élagage dirigé de ces connexions qui crée le réseau d’information neural.

La réduction du nombre de neurones est conséquence plutôt que cause du vieillissement cérébral. De la même façon que les myocytes s’atrophient et meurent dans un muscle sous-utilisé, un neurone disparaît s’il n’est pas entretenu par des sollicitations régulières. L’effort intellectuel stimule le métabolisme et l’entretien cellulaire.

L’élagage du réseau neural établit des connaissances privilégiées. Le savoir se stabilise. Le revers est qu’il devient une habitude. Le cerveau utilise systématiquement cette connaissance pour traiter les informations. Si les informations diffèrent et que le traitement n’est pas tout à fait satisfaisant, il tend à garder son habitude. C’est moins coûteux, moins fatigant, moins source de conflit.

Oui vous venez de lire quelques caractéristiques de la personne vieillissante. Son agressivité diminue. Elle ne va plus au conflit. La société lui épargne généralement cette peine. Le vieux est affranchi des contraintes extérieures de productivité. Il n’a plus d’employeur pour lui imposer des tâches. Plus d’image du soi futur pour entreprendre de grands projets. Le vieux glisse doucement dans la prison de ses habitudes.

Longtemps auparavant, la retraite sonne souvent le début du déclin cérébral. Elle sépare les retraités en deux catégories : ceux qui sont dans les starting-blocks pour démarrer une nouvelle carrière, et ceux dont la vie est déjà routinière : subitement ils se retrouvent avec une grande quantité d’heures libres, mais le cerveau ne sait quoi en faire.

Ils les occupent selon l’humeur et les moyens : voyages, bricolages, entretiens, petites tâches répétitives qui emplissent le quotidien. Les habitudes sont tellement efficaces pour séquencer une journée que le cerveau n’a pas réellement besoin de réfléchir. Les semaines, puis les mois, les années, défilent toujours plus vite, toujours plus identiques aux précédentes. La seule véritable animation finit par être les soucis de santé, les siens et ceux des autres.

Un cerveau fonctionnant sur ses habitudes ne garde que les neurones utilisés par ces habitudes.

Je vais raccourcir ma réponse, car il est possible d’écrire des livres entiers sur le sujet, mais vous devinez à présent quelles sont les mesures essentielles pour éviter le déclin cérébral :

1) Ne pas refuser le conflit. S’y exposer au contraire. Attention ! Cela ne veut pas dire devenir un vieil emmerdeur… Le conflit productif, c’est construire une solution par dessus les opinions contraires. Véritable émergence, niveau de conscience supplémentaire qui ne fait pas disparaître les sources du conflit. En ce sens ce n’est pas une perte d’identité, comme le craignent souvent les opposants dans un conflit. C’est un élargissement de l’identité qui englobe les sources du conflit.

Attitude plus fluide et facile quand on a compris jeune son intérêt. La personnalité du vieux est le prolongement de l’adulte. Un vieux sage est un adulte qui a résolu ses propres conflits.

2) S’imposer un employeur. Faites-en un observateur divin si vous préférez. Cette entité virtuelle doit vous poser régulièrement la question : Quel progrès vas-tu faire dans ta journée ? Dans ton mois ? Dans cette nouvelle année ?

Bien vieillir est continuer à s’imposer un futur. Les habitudes nous cantonnent dans le présent, puis nous finissons par tourner le dos au futur (avec cette terrible fin organique qui s’annonce), pour ne plus raconter que le passé. Ranimez votre futur ! C’est par cette résurrection que votre cerveau s’intéresse aux nouvelles connaissances, crée des connexions supplémentaires, conserve votre intention de le faire.

3) Enfin, pour faire court, je n’ai parlé que du regard descendant sur le vieillissement. Le regard descendant c’est l’esprit qui s’observe lui-même et fait des prédictions sur l’image de soi. Le regard ascendant, c’est la réalité physique qui s’organise dans le processus de votre esprit. Le vieillissement physique, voilà bien quelque chose auquel il semble impossible d’échapper. Pourtant là aussi la compréhension de la physiologie permet d’améliorer beaucoup de choses.

Le principe ascendant le plus important à connaître est que notre corps est conçu pour le mouvement. C’est le mouvement, et en particulier sa vivacité, qui stimule et répare l’organisme. Celui-ci n’est pas conçu pour maintenir des équilibres mais pour y revenir après toute situation de stress et de sollicitation inhabituelle. C’est une différence fondamentale dans la conception de la santé. Le repos n’est pas un traitement. La réduction du stress et de la vivacité physique enterre notre métabolisme dans des routines d’efficacité décroissante avec l’âge.

Vous le constatez sans peine : les beaux vieux, physiquement comme mentalement, sont ceux qui s’imposent un exercice quotidien, bref mais vigoureux, peu importe toutes les douleurs spontanées qui dissuaderaient de le faire…

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2 réflexions au sujet de « Pourquoi le cerveau décline-t-il avec l’âge et existe-t-il des moyens de l’éviter? »

  1. C’est bien beau de parler de mouvement pour un corps complètement arthrosé depuis des années, quand le moindre geste ou non geste est source de douleur.

    Rien ne calme l’arthrose. Chez moi, elle a débuté à 47ans et j’en ai 64.

  2. oui , les douleurs occupent le « terrain » , et dans ce cas la mobilisation en douceur , étirements, souplesse est la seule possible pour moi, le danger est l’immobilité , mais moralement c’est dur .

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