Le COVID révèle l’état critique du collectivisme

La préoccupation collectiviste n’est pas ce qui est défini ainsi par beaucoup de gens, y compris les médecins.

‘Je m’inquiète de ma santé’, ‘Je m’inquiète de la santé de mes proches’, ‘Je m’inquiète de la santé des gens fragiles’, ‘Je m’inquiète de la santé de tous’… Est-ce la progression d’un souci individuel vers un souci collectif ?

En apparence seulement. En réalité ce n’est que l’extension à ses congénères de notre instinct de survie personnel. La séquence le révèle. Plus la personne est proche de soi, plus l’inquiétude est importante. Seul le degré de préoccupation change ; l’instinct individualiste à l’oeuvre est identique.

Où est le véritable niveau collectiviste ? Qu’est-ce que changer d’échelle de représentation ? Ce niveau est celui où est posée la question : Comment faire pour que le maximum de personnes survive ?

Dans ce cadre, l’importance de chaque individu est arbitrairement ramenée à l’unité. Énorme différence avec ma cotation d’importance personnelle. Mes proches ne diffèrent pas des autres… et moi non plus. Mode de pensée contradictoire avec le précédent et pourtant il faut l’héberger. Le vrai collectivisme est en conflit permanent avec l’individualisme. Ce n’est pas parce que j’ai étendu mon individualisme aux autres que je suis devenu collectiviste.

Nombreux pourtant sont ceux à le prétendre en période d’épidémie. Regardent-ils l’affaire en tant qu’épidémiologistes, ou plutôt avec un instinct de survie multiplié par le nombre de congénères ? L’objectif est de ne pas être contaminé, soi, ses proches, les autres, par ordre d’importance. Ce n’est pas diminuer le nombre total de victimes. Cet objectif-là ressemble trop à une loterie aveugle. Ce que je veux savoir, en tant qu’individu, c’est si moi je serai épargné.

En discutant avec un décisionnaire, vous devinez rapidement si sa raison est individualiste ou collectiviste. Dans le premier cas il se ferme très vite aux arguments cités précédemment. L’individualiste s’auto-aveugle au collectivisme. Pas question de se laisser entraîner dans un espace de réflexion où ses arguments n’ont plus cours.

La survie individuelle n’est pas la règle prépondérante de l’échelon collectif. A l’évidence elle doit être respectée. Le principe collectif serait incompétent s’il augmentait le total de morts. Son but est bien de satisfaire la règle de survie individuelle, mais la satisfaire de manière équitable pour tous.

Dans certains cas la décision est éthiquement délicate. Il arrive que quelques personnes soient exposées à un plus grand danger pour que beaucoup d’autres soient sauvées. Il n’est pas possible de satisfaire équitablement les deux niveaux de réflexion chez un même individu, l’individuel et le collectif.

Selon son degré de responsabilité, les choix d’un individu peuvent différer radicalement. L’élu est facilement brocardé par une faction d’individus s’estimant lésés par sa décision. En temps de démocratie participative, où l’élu tend à devenir une voix banale, sans autorité plus marquée, le collectivisme authentique s’effondre, pour devenir une juxtaposition d’intérêts individualistes convergents.

Le tout par dessus les parties a disparu. La conscience sociale s’évanouit. Retour en arrière. Cette émergence, si elle n’est pas intégrée en chacun d’entre nous, est un niveau de civilisation perdu. Ce n’est pas la technologie qui peut le remplacer.

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