Quels sont les facteurs cachés de la diffusion et de la sévérité du COVID-19 ?

L’article, une fois n’est pas coutume, devrait séduire les conspirationnistes. Vous pouvez vérifier ici que c’est un mode de pensée dont je me méfie vivement. Considérez ce texte comme plus spéculatif que les précédents. Mais il pourrait vous aider à comprendre les inégalités rencontrées à propos du COVID-19.

1) La diffusion atmosphérique du virus est sans doute largement sous-estimée.

Tester la survie du virus isolé dans l’atmosphère d’un laboratoire n’a rien à voir avec les conditions réelles. Courants d’air, mouvements atmosphériques… la distance réglementaire entre individus apparaît ridicule face à ces conditions naturelles changeantes. Les virus peuvent parcourir de quelques centimètres jusqu’à… des milliers de kilomètres s’ils trouvent le transporteur adéquat.

Un transporteur adapté n’est pas forcément un humain. Ce peuvent être de banales particules organiques, assez fines et légères pour être emportées dans la haute atmosphère. Tous les germes n’y survivent pas. Cependant en contexte épidémique, les humains transformés en usines à virus et expectorant des millions d’exemplaires, il est probable qu’une bonne partie reste fonctionnelle.

Paradoxalement un grand nombre d’études confirme ce fait pour les épizooties animales, alors que très peu existent pour les épidémies humaines. Néanmoins elles montrent l’existence d’une quantité inouïe de particules virales et bactériennes dans certains couches atmosphériques. Les bactéries, qui échangent des bouts de génome avec une facilité déconcertante, sont considérées volontiers comme un gigantesque organisme bactérien planétaire. Dans ce cas, l’atmosphère est son enveloppe externe.

Le parapluie est peut-être la deuxième chose la plus importante à prendre, après le masque, avant de sortir.

Argument : la grippe espagnole, qui a fait entre 20 et 100 millions de morts au siècle dernier (davantage que la contemporaine 1ère guerre mondiale), est apparue partout simultanément sur la planète, alors que les déplacements de personnes étaient bien plus rares et plus lents qu’aujourd’hui. Personne n’en connaît l’explication. Soit le virus a muté simultanément en plusieurs endroits différents (presqu’impossible) soit il avait une période d’incubation longue permettant sa diffusion avant l’explosion (très peu probable car il ne se serait pas répandu si vite par la suite) soit… il a diffusé sur les courants atmosphériques, le moyen le plus rapide d’atteindre tous les points du globe.

2) Le COVID-19 touche les gens avec sévérité très variable. Pourquoi ?

1ère raison, la plus connue : l’immunité antérieure.

Le SARS-CoV-2 n’est pas le seul coronavirus à avoir arpenté la planète. Mais il ne s’est jamais répandu comme la grippe. Certains systèmes immunitaires le connaissent, d’autres non. La rapidité de réaction de défense en dépend.

2ème raison potentielle : le génome de la personne.

Le virus utilise la machinerie cellulaire pour se reproduire rapidement. Les cellules sont plus ou moins conciliantes pour se faire détourner de leur tâche habituelle. Question de récepteurs au virus, de particularités de la machinerie protéique. Les bons fabricants de virus ne sont pas seulement ceux dont le système immunitaire est paresseux.

Argument : les afro-américains ont une mortalité très supérieure aux blancs, qui ne peut s’expliquer seulement par les conditions de vie.

3ème raison, sans doute la moins connue : la flore bactérienne saprophyte.

Notre organisme est une collection de cellules cachée à l’intérieur d’une couche bien plus nombreuses de bactéries saprophytes, installées à la surface de la peau, des bronches, de la muqueuse digestive. Ces acolytes nous aident à digérer et s’opposent à l’intrusion des espèces qui ne s’entendent pas bien avec elles. Les bactéries sont synergiques. Elles s’éliminent si elles entrent en compétition pour les mêmes ressources.

Cette flore bactérienne est très personnelle à chacun. Elle est de moins bonne qualité chez les personnes ayant eu des infections pulmonaires répétées et/ou ayant pris fréquemment des antibiotiques. Origine d’une invasion facilitée pour le COVID 19 ?

Argument : l’inimitié entre virus et bactéries connaît de multiples exemples. Parfois ce sont les virus (bactériophages) qui sont utilisés pour se débarrasser des bactéries. Parfois c’est le contraire. Wolbachia, une bactérie inoffensive, est introduite dans le moustique Aedes aegypti pour le rendre incapable de transmettre les virus de la dengue, zika, chikungunya et fièvre jaune.

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Spéculations… mais spéculations qui pointent dans la même direction. C’est le seul avantage du conspirationnisme. Il n’indique pas forcément la vérité mais il indique quelque chose ! La seule certitude en effet que vous pouvez avoir à propos du COVID-19, c’est de lire une grande quantité d’inepties à son sujet. Y compris de la part des experts.

Voici par exemple 2 déclarations tirées de la même revue de presse rédigée par un expert : 1) Les pneumopathies des formes graves du COVID-19 sont liées à l’orage cytokinique, c’est-à-dire l’excès de réaction immunitaire. 2) Les femmes font moins de ces formes graves parce que leur système immunitaire est mieux armé, notamment parce que les oestrogènes renforcent l’efficacité des cellules immunitaires.

Deux affirmations parfaitement contradictoires, montrant que le savoir arrive après les épidémies et non pendant.

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