La spondylarthrite ankylosante est-elle une connectivite auto-immune ou juste une maladie arthritique ?

La physiopathologie de la SPA n’est pas encore correctement identifiée. A priori elle est différente des maladies dites auto-immunes, maladies de la reconnaissance du « Soi biochimique » où existe des anticorps dirigés contre de mauvaises cibles, appartenant à l’organisme. Rien de tel dans la SPA. Cette maladie est étroitement associée à la présence de l’antigène HLA B27. Mais il ne s’agit pas d’une sensibilisation du système immunitaire à cette molécule. Les particularités biochimiques du B27 pourraient perturber la fonction normale de la cellule : anomalies de repliement des protéines ou formation d’homodimères entravant la présentation normale des antigènes et stressant l’induction du phénomène inflammatoire cellulaire, en particulier la production de l’IL23.

Si cette hypothèse est juste la SPA serait plutôt une maladie auto-inflammatoire qu’auto-immune. C’est-à-dire qu’elle est causée par une excitabilité excessive de l’inflammation cellulaire normale, en particulier au voisinage des enthèses (les ancrages des structures péri-articulaires sur les os), plutôt que par une production d’anticorps anormaux.

Toutes les personnes porteuses du B27 n’étant pas atteintes de la maladie (le B27 est présent chez 8% de la population), il faut des cofacteurs déclenchants. Ceux-ci pourraient être des agents microbiens particuliers, et le microbiote intestinal est le premier suspect (association de la SPA avec les maladies inflammatoires intestinales). Il semble également que des anomalies de la perméabilité intestinale facilitent la pénétration de certains germes (ou de leurs antigènes).

Au final la SPA fait partie de ces maladies qui sont des dérèglements insidieux, d’origine multi-factorielle (avec des cocktails de causes variables selon les personnes), ce qui est très gênant pour en supprimer l’origine. La politique actuelle est de faire les réglages personnalisés nécessaires pour rendre la maladie quiescente, à l’aide de multiples outils qui vont des anti-inflammatoires standards aux biothérapies. Les traitements sont remarquablement efficaces, au point qu’une SPA qui continue à être douloureuse malgré une prise en charge adaptée n’en est sans doute pas une, ou souffre d’une autre cause associée, fréquemment d’une fibromyalgie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *