Si un anti-TNF voit son effet s’épuiser, quelles peuvent en être les causes ?

« Effet qui s’épuise » veut dire recrudescence des douleurs et d’autres symptômes éventuels.
Les deux premières questions, intriquées, sont :
N’existe-t-il pas une autre maladie qui démarre ?
N’est-ce pas un effet secondaire du traitement ?
Rechercher en particulier une infection, plus fréquente sous anti-TNF. Cependant toutes les maladies sont possibles, autres inflammations, ischémies, etc…

Question suivante : n’est-ce pas la maladie qui se transforme ?
Elle peut être évolutive, générer de nouvelles manifestations moins sensibles à l’anti-TNF. Une poussée consomme les anti-TNF, qui deviennent sous-dosés. Les tests inflammatoires sont élevés.
Le TNF n’est pas la cause de l’inflammation rhumatismale. Il n’en est qu’un des médiateurs. La maladie peut switcher vers un mécanisme TNF-indépendant.

Si la maladie est ancienne, c’est au contraire qu’elle peut être en train de s’éteindre. La cause inflammatoire habituelle de la douleur, sensible à l’anti-TNF, est progressivement remplacée par des causes arthrosiques, vieillissement plus précoce à cause des dégâts éventuellement infligés aux articulations par le rhumatisme à sa période active. L’anti-TNF n’est pas devenu inefficace, seulement inefficient sur ce type de douleur. Les tests biologiques pour l’inflammation sont normaux ou peu élevés.

Il existe des résistances progressives à l’anti-TNF, par sécrétion d’anticorps, moins fréquentes avec l’etanercept, et dont la fréquence est réduite par la co-prescription de méthotrexate. Ce n’est pas une certitude absolue, et ce médicament ayant ses propres risques, la prescription n’est pas systématique. Son indication principale reste d’additionner son effet pour améliorer le contrôle de la maladie.

Il existe également des clairances augmentées des anti-TNF, non immunitaires, c’est-à-dire sans production d’anticorps dirigés contre le médicament. Les facteurs confirmés sont : poids, sexe, âge, co-prescription de méthotrexate et de corticostéroïdes,. Facteurs non confirmés : tabac, autres médicaments, taux élevé de globules blancs, autres anticorps anormaux, altérations rénales et hépatiques.
A vrai dire la posologie donnée est standardisée ; elle ne tient pas compte des variations individuelles. Avec de l’expérience, on apprend à « coller » au résultat, en réduisant l’agression biologique au minimum (espacement des doses plutôt que réduction de la posologie pour les seringues auto-injectées, étant donné leur coût).

Enfin, si vous n’êtes pas le bénéficiaire du traitement, sachez qu’une cause classique est l’absence de compliance au traitement. Pas pris, pas efficace…
Ce qui nous met au bord d’un champ de réponse plus opaque : la manière dont on considère son traitement influence significativement son résultat, quelque soient les preuves scientifiques d’efficacité. Il arrive qu’un médicament devienne insatisfaisant parce que l’opinion de son utilisateur a changé.

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