La sexualité de l’écrivain

Le bouc est un écrivain de type hétérosexuel machiste : il adore baigner au milieu de sa cour de notes élégantes et manuscrites, toutes habillées avec des fantaisies différentes, quêtant son attention pour se faire offrir un luxe supplémentaire, souvent difficiles à faire cohabiter, rivalisant en célébrité, les très érotiques étant les plus attirantes.

La chèvre est un écrivain de type homosexuel aimant se faire contraindre par son clavier dominateur, trônant hiératiquement devant son écran sur le bureau. Impossible de faire l’amour avec sa prose ailleurs. Souvent l’engin émet des bips impératifs qui font accourir son serviteur devant lui, et celui-ci se laisse ligoter passivement par chacune des entraves perverses inventées par son tourmenteur : crocheter ses paupières pour lire les mails, recevoir les chocs électriques de ses alertes, ingurgiter le gros concombre de l’actualité.

Bien sûr je ne pose les doigts sur les touches que pour vous avertir. Et ce sont bien mes pupilles qui vous fixent, et non un quelconque autre trou noir…

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