Sur l’isthme d’Aphor

Le racisme est partout. Des échecs, où ce sont toujours les blancs qui démarrent avant les noirs, aux dominos, où les noirs sont des points sagement alignés à leur place au milieu d’un univers blanc.

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« Avant-terrement » : la période où l’on (plato)nique la mort, sans être encore enterré comme tous ses amants.

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Seul le lit possède un cadre où l’homme et la femme vont parfaitement ensemble.
Ailleurs c’est un tragique malentendu.

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Le seul moyen de ne pas vouer une haine inextinguible à la loterie génétique est un amour ineffable pour la diversité.

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N’apprenons-nous pas des clowns autant que des savants, les premiers nous montrant bien plus efficacement les conduites stupides ?
Souvenons-nous en pour un zeste de pitié quand nous voyons s’agiter les politiciens hargneux et les philosophes « agissants ».

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La dernière partenaire de danse qui supporte de se faire marcher dessus et tirer violemment sur les bras est la tondeuse à gazon.

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La psychothérapie est tricher davantage avec son esprit, parce qu’on ne l’a pas assez fait auparavant, puis recommencer à tricher de moins en moins avec lui.

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Toujours est-il besoin d’avoir ses extrémistes
pour se faire indiquer la bonne piste.

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La fibromyalgie n’est pas une pathologie mais un manque.
Elle n’est pas excès de douleur, mais défaut de plaisir.

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Le seul ingrédient indispensable d’une provocation est son brin de vérité.

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Le machisme est un mélange d’hétérosexualité pour la reproduction et d’homosexualité pour la relation sociale.

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Quand les gens ont une mauvaise raison de s’énerver, le plus efficace est de leur en fournir une bonne.

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Le sage est seulement quelqu’un qui s’exhorte davantage à la sagesse que les autres.

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On est suspendu désespérément aux lèvres quand sous ses pieds n’existe qu’un décolleté vertigineux.

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Vous croyez-vous propriétaire d’un livre ? C’est lui qui devient propriétaire de votre esprit.

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La vérité est plus néfaste que l’erreur,
surtout depuis qu’elle a recruté la paresse.

(Il est devenu plus facile de lire la « vérité » plutôt que refaire le difficile chemin des erreurs)

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Les donneurs de leçons sont précieux… non pas pour les élèves, mais pour ceux qui cherchent à en donner à leur tour.

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Une croyance doit être entretenue régulièrement. Une connaissance survit seule.

(bien sûr certaines connaissances peuvent être fausses, et des croyances vraies)

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Le plus merveilleux chez l’homme est certainement qu’il puisse se faire toutes les idées fausses possibles sur lui-même, alors que le Réel n’en a aucune.

Une réflexion sur « Sur l’isthme d’Aphor »

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