14 réflexions au sujet de « Survie à cru après ablation des deux seins »

    1. Le dessin effectivement très peu subtil était destiné précisément à pointer l’aveuglement de remarques comme la vôtre, Anna.
      Autant il est stupide pour une femme vieillissante de chercher à sauver désespérément son image par des stages incessants chez le chirurgien esthétique, autant c’est pure cécité que se moquer de cette image, au point d’adopter le délire d’épidémiologiste qu’est l’ablation préventive des 2 seins, surtout au vu de la course du progrès, tellement prometteur sur les traitements cellulaires ciblés.
      Et les seins sont une symbolique importante du désir en effet. Demandez à votre compagnon.

      1. Je n’ai jamais dit que l’ablation préventive était une bonne idée. Je ne dispose pas des outils pour en juger. Je me mets juste dans la peau de quelqu’un ayant perdu un ou deux seins et voyant ce dessin, et je confirme ce que je disais : subtil, vraiment.

        1. Eh bien puisqu’il faut expliquer la subtilité : la situation est fort différente selon que l’on subit une mammectomie sans choix (le cancer est présent, il faut survivre, la fatalité et non une erreur de jugement personnel est en cause)
          ou que l’on décide de réduire un risque alors que l’on n’est pas malade (les risques léthaux existent dès que l’on grimpe dans sa voiture, a-t-on bien bien mis tous les inconvénients autres que médicaux dans la balance bénéfice/risque?).
          Le dessin, comme toute caricature, n’est donc pas destiné à enfoncer les gens mais à les faire réfléchir… à ce que les médecins ne disent pas.

          1. Je suis certaine qu’il y avait un moyen de pousser à cette réflexion que vous appelez de vos vœux sans porter atteinte aux femmes qui ont perdu un ou deux seins.

  1. Nous pourrions faire également une petite expérience de pensée :
    Imaginons qu’Angelina Jolie, lors de l’intervention pour ablation des deux seins, ait fait un accident lors de l’anesthésie générale. Elle décède. Ou, pire, peut-être, elle garde des séquelles neurologiques sévères, ne peut plus parler ni marcher. Qu’aurait-elle pensé des conseils reçus et de sa décision ?

    Ce n’est pas une situation imaginaire. J’en connais plusieurs de ce genre, vécues chez des patients.
    Par exemple, Suzette, une septuagénaire fumant 2 paquets par jour depuis 55 ans s’inquiète à juste titre des effets du tabac sur son organisme. Se sentant en bonne santé, elle se trouve incapable d’arrêter. Elle cherche à se faire un peu peur en allant consulter un cardiologue à titre systématique. L’ECG de repos est normal, celui d’effort subnormal (elle ne fait aucun sport). Le coroscan est quasi-normal, mais l’on sait qu’il n’élimine pas formellement une sténose. Une coronarographie est décidée.
    Lors du passage de la sonde, Suzette entre en fibrillation ventriculaire. Arrêt cardiaque. On la fait repartir. Elle recommence la fibrillation. L’arrêt dure assez longtemps. Après plusieurs chocs aux effets brefs, Suzette finit par être déclarée décédée. Les quelques images prises au début montraient finalement des coronaires saines.
    Pour un épidémiologiste, un tel accident ne remet pas en question la politique de santé utilitariste, basée sur des cohortes. Pour Suzette… la politique n’est plus un sujet pour s’énerver.

    1. Et il est certain également qu’il est difficile de poster un dessin cru sans porter atteinte aux bigots de la morale.

      « Il faut une petite révolution pour porter chaque idée, si elle doit survivre. » Tom Fringant

      1. La crudité du dessin ne me dérange pas, le sous-entendu me paraît tout simplement insultant pour beaucoup de femmes (et faux en plus…) Si ça ne vous dérange pas de les insulter, libre à vous. Un simple texte introductif expliquant votre démarche et son lien avec l’ablation préventive pourrait déjà aider à faire comprendre les choses.
        Si vous préférez insulter également les gens qui ont l’audace de ne pas être d’accord avec vous, libre à vous, mais c’est dommage. Personnellement je pense que le dialogue et l’apposition des points de vue nous emmène plus loin que l’opposition frontale.

  2. Juste un point de détail, Anna, qui à mon sens vous échappe : vous êtes ici sur un blog.
    Si vous n’aimez pas ce qui y est écrit, la démocratie consiste à aller voir ailleurs. Vous pouvez évidemment déposer un texte disant ce que vous pensez du dessin, mais si l’auteur du blog persiste alors la seule sanction réellement adaptée consiste à le priver de vos visites. Si vous décidez de rester et de harceler le propriétaire du blog jusqu’à ce qu’il soit d’accord avec vous, alors vous rentrez dans la catégorie de ce qu’on appelle les « trolls ».

    1. Il me semblait important que clarifier mon point de vue qui me paraissait mal compris ; je n’ai insulté personne, contrairement à l’auteur du blog (« bigot de la morale », vraiment ?)
      Si chercher le dialogue est être un troll…

      1. OK, alors si votre intention n’était pas d’agresser l’auteur du blog, alors je vous conseille de vous former à la communication. Parce que personnellement, bien que n’étant en aucune façon impliqué dans ce débat, lorsque j’ai lu vos commentaires, je les ai ressentis comme sarcastiques.
        Du coup, après vous vous offusquez d’être traitée de bigote.
        Il faut faire très attention avec la communication sur Internet, encore plus que dans la communication dans la vraie vie, parce que ici il ne passe rien du non-verbal, donc même si dans votre idée il y a avait un petit sourire indulgent, nous n’en voyons rien.

  3. Personnellement je n’aurais pas utilisé de terme de bigoterie. Pour moi c’est du féminisme à 2 balles. Et oui il me semble naturel et plutôt ‘sain’ pour un homme d’être attiré par les seins qui différencient la femme de la petite fille. En tout cas, le sujet ‘les hommes aiment t’ils les seins ? » ne me semble pas très intéressant.
    Le dessin est bien plus intéressant si l’on dépasse le 1er degré. La 2ème bulle dit « J’ai arrêté de baiser » et non « Je n’ai plus été baisée depuis… », ce qui traduit une action plutôt qu’un état de fait. Sachant que les seins sont une zone érogène, cela pose pas mal de questions sur la perte de l’envie (ou non ?) chez les femmes ayant subi une double ablation, physiologique (perte de zones érogènes) et/ou psychologique (perte de repères, perte d’estime de soi…).

    1. Exact! « Féminisme à 2 balles » est un poinçon plus efficace que « bigoterie ». Bien trouvé.
      Je retire ce que j’ai dit, Anna.
      Pour montrer, comme l’a perçu Hugo, qu’un dessin débile peut cacher des affaires compliquées, cette discussion m’a suggéré un aparté ici.

  4. Et bien! Bien qu’opérée donc très concernée, cette image me fait rire. Un rire jaune, mais un rire quand même!
    la question du désir, de la sexualité, du corps et de son image sont centrales dans cette histoire de cancer et de mastectomie et de « trafic » qui se fait autour d’une idée de la féminité.
    Il y a des femmes qui jouissent de leur propre corps et d’autres qui jouissent de ce que les partenaires jouissent de leur corps….et l’un n’empêche pas l’autre mais les proportions peuvent être différentes.
    la réflexion posée par cette image est celle de ce qu’est une vie où on ne jouirait pas de son corps…où on aurait perdu la possibilité d’avoir du plaisir grâce à ses zones érogènes cela pour vivre ou survivre!
    Or il se trouve que mon ressenti serait que d’autres pensent toujours encore à la place du patient, ici de la patiente.
    l’ablation d’un sein ou des deux n’est pas un acte qui nuirait uniquement à la capacité à séduire ou à l' »image » du corps mais elle peut nuire aussi à la possibilité de jouir de son propre corps et cet aspect peut paraître futile à certains, soit, mais ça les regarde…car cet aspect peut aussi être essentiel et est balayé ou mésestimé très vite par la seule suggestion de solution magique: la reconstruction. Or cette solution reste pour moi surtout une solution visant à préserver la capacité à désirer. Un peu comme si c’était une pure solution de chirurgien mâle qui se dit que pour encore désirer, « ça le fait pas il faut le volume » sans trop se poser la question d’un point de vue féminin d’ un corps qui donne du plaisir.

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