La psychiatrie victime de ses propres étiquettes

Nous avons vu la difficulté à établir la « normalité » mentale, ce qui n’empêche pas la psychiatrie « scientifique » d’établir des cases pathologiques, sans beaucoup communiquer sur le manque de sûreté de ces enceintes barbelées.
L’imposture surgit en 2012 à propos de la mise en examen d’une psychiatre ayant donné une permission à un patient psychotique stabilisé, qui s’en est servi pour commettre un meurtre.

Une accusation incroyablement stupide. Quand une personne montre un désir d’autonomie et que son comportement général laisse à penser qu’elle en raisonnablement capable, elle peut acquérir en proportion cette indépendance… et la responsabilité qui l’accompagne. C’est vrai de tout individu, « normal » ou non.
Les étiquettes psychiatriques, terriblement perverses, interdisent la moindre chance de commencer à devenir autonome. Un tel système de classement transposé à tous les citoyens pourrait faire dire : « Un jeune de 18 ans ne peut prétendre aux mêmes droits qu’un individu de 60 ans parce qu’il ne possède pas la même maturité et est plus susceptible d’avoir un comportement irresponsable. Idem pour l’origine sociale, le niveau de revenu, etc… ».
Un diagnostic n’est qu’un repère. Il n’est pas une carte d’identité psychologique.

Le milieu psychiatrique fonctionne en réalité mieux que la société en général, puisque les droits à l’autonomie n’y sont pas automatiquement distribués en fonction d’un critère aussi aveugle que l’âge civil ; ces droits sont demandés, assumés, mérités par la conduite que le « déviant » a su montrer. Bien sûr les dissimulateurs habiles causent des accidents. Les tribunaux, cependant, n’auraient-ils à juger que des crimes de malades mentaux ? Qui doit-on mettre sur le banc des accusés, aux côtés du criminel non psychiatrique, qui s’est vu offrir sans coup férir sa carte d’ « indépendant » le jour de ses 18 ans ?

La déviance est-elle toujours à 90° ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *