L’artisanat de la richesse et de la pauvreté

Il existait une époque où l’homme riche parvenait à satiété. Il s’endormait alors, et le pauvre, que l’anxiété ne laissait jamais s’assoupir, venait le voler. L’angoisse du pauvre s’apaisait et le riche se réveillait à peine moins riche.
A présent que les aléas de la vie font grimper et redescendre l’échelle sociale avec violence, le riche est aussi stressé de rester riche que le pauvre de devenir moins miséreux. Chacun s’épie sans jamais fermer l’oeil. Le chapardage s’est transformé en assaut d’une forteresse aisée surarmée, par une foule de pauvres bien organisée. Les lobbies dressent étendards et canons. Les quêteurs isolés, aplatis comme des crêpes par le passage des troupes politiques, sont en voie d’extinction. Même la mendicité est une SARL, pas forcément celle à la responsabilité la plus limitée.
Comment retrouver l’artisanat de la richesse et de la pauvreté ? Comment recréer ces trocs tellement sensibles et locaux, ces passerelles si nécessaires au tissu dense d’une société saine ?

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