Évaluation du prix du médicament par rapport au service rendu : une méthode originale

Parmi les méthodes d’évaluation des médicaments, voici certainement la plus iconoclaste :
L’idée provient du comportement d’un collègue qui a reçu à un mois d’intervalle deux injections de Stelara, une biothérapie coûteuse utilisée dans le psoriasis étendu. Il était tellement effaré du prix du produit — 400.000 francs CFP soit plus de 3.300 € l’ampoule — que son éruption psoriasique a évolué en culpabilite aiguë, dont il souffrait davantage. Il a interrompu le traitement après 6.700 € dépensés pour ne plus voir ses plaques pendant 2 mois.
Il est vrai que ce tarif, que l’industriel peut certainement justifier par les coûts de développement, apparaît au final totalement délirant.
D’où cette idée pour évaluer le service rendu par un médicament : demander au patient le recevant, informé des bénéfices qu’il peut en attendre — au cas où il ne pourrait pas les constater par lui-même —, de choisir entre deux alternatives : soit il continue le traitement (d’efficacité avérée) remboursé par l’organisme social, soit il n’en profite pas et est crédité sur son compte d’1/3 du prix du traitement. Les réponses obtenues seraient probablement déstabilisantes.
Patient et sécu gagnants… aux dépens du laboratoire n’ayant pas proportionné son prix au service rendu.

Une réflexion sur « Évaluation du prix du médicament par rapport au service rendu : une méthode originale »

  1. Est-il si délirant d’imaginer, par exemple, un cancéreux que les traitements ne peuvent sauver, au mieux prolonger, préférer renoncer au traitement en échange d’une somme qui lui permettrait de faire la bringue de ses rêves, ou d’aider ses proches ?
    La question acquière une réelle pertinence à un moment où le budget de santé ne pouvant plus tout payer, l’on songe à dérembourser complètement les lunettes et les soins dentaires, en continuant à payer sans sourciller des traitements mille fois plus onéreux pour gagner quelques mois de vie…
    Lunettes et prothèses dentaires régressent ainsi au niveau des médicaments au service médical rendu insuffisant ! Incroyable ! Seraient-elles donc sans intérêt ? Seuls les nantis pourront-ils voir et mâcher ?
    Etonnons-nous que les politiciens ne fassent pas tous leurs discours habillés d’une chaude veste canadienne tellement ils semblent gagnés par la frilosité…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *