Qu’est-ce qu’une dépendance secondaire ?

La conception d’une cure de désintoxication se situe entre deux tendances :
1) Le bâton : la punition d’une cure habituellement affreuse, laissant de méchants souvenirs, dissuadant de replonger.
2) La substitution : la cure est au contraire rendue la plus agréable possible, de façon à rivaliser avec le plaisir tiré de la drogue, un plaisir à rendre plus vif que la simple satisfaction de quitter sa dépendance, davantage intéressante pour l’entourage que pour soi.
Le risque est alors de créer une dépendance à la cure, de favoriser un retour à la drogue pour bénéficier à nouveau des conditions de la cure.

C’est un effet secondaire très universel de l’assistance : ses bénéfices secondaires, s’ils ne se maintiennent pas avec la « guérison », favorisent une rechute du problème qui avait motivé l’assistance. Cette dépendance « secondaire » est beaucoup moins facile à identifier que la dépendance primaire. Elle concerne la plupart des maladies chroniques. Guérir implique que l’état de non-malade soit plus gratifiant que celui de malade.
Or celui-ci profitant d’un statut de mieux en mieux protégé, la promotion du retour à la non-maladie devient difficile. Il est fréquent, par exemple, que grâce à la multiplicité des soutiens tant financiers qu’empathiques ou juridiques, chaque acteur ignorant l’existence des autres, une personne se retrouve avec 50% d’augmentation de son revenu en étant en arrêt de travail — appelé « syndrome du revenu paradoxal » —. La promotion du retour à la non-maladie demanderait alors, quoi ? Un doublement du salaire ? Mais pourquoi retourner s’échiner si l’on reçoit déjà un tel revenu en restant chez soi ?

C’est la confusion entre assistance et solidarité qui fait perdurer l’usage du bâton.
Car les véritables victimes de ce détournement de moyens, dans un budget fermé, sont ceux qui n’ont plus accès aux soins.

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