Comment améliorer l’Homme… sans perdre quelque chose en chemin ?

Deux approches sont possibles :
L’une est la prise de possession de notre machinerie biologique. C’est la méthode la plus ancienne et dont les progrès sont exponentiels dans son application principale : la médecine. Il existe encore une part de sacré qui encadre cette approche, dont les contours s’appellent l’éthique. Les lois naturelles résidaient au sein du sacré, mais de plus en plus de dérogations furent acceptées, et la tendance ne fait que s’accentuer, puisque vieillir et mourir sont des lois naturelles… insupportables. Le cerveau reste bien protégé. Modifier ses états de conscience à l’aide de drogues est toujours considéré, en théorie, comme hautement répréhensible. Mais n’avons-nous pas en fait déjà commencé à manipuler ces états de conscience par les drogues, avec l’excuse qu’ils sont « pathologiques » ? Dès lors, il suffit de bouger un peu les frontières du pathos pour se livrer à des modifications de masse si on le souhaite. Changer le mode de fonctionnement du cerveau fera les histoires de Frankenstein de demain : ce qui en résultera sera différent de « l’humain », du moins non conforme à cette vision également sacralisée que nous avons de l’humanité.

L’autre approche est la conception d’une intelligence « humaine » artificielle. Ici, l’on ne s’encombre plus du biologique sauf s’il reste le support le plus adapté. On utilise les matériaux les plus durables, les pièces les plus faciles à remplacer. On tente de faire une meilleure ingénierie que la Nature sans employer forcément ses outils — le code génétique —. Une science plus neuve mais promise également à un développement exponentiel. Son grand défi : ne pas partir d’un cerveau existant et fonctionnel, que les outils biologiques peuvent bricoler. Tout reconcevoir de zéro. Or la compréhension du mode de fonctionnement de la conscience, du raccord avec le support biologique, reste bien vague. Comment se placer dans la position d’un extra-terrestre qui regarde fonctionner l’humain, sans avoir aucune référence commune avec lui ? Une machine pourrait-elle faire ce travail, c’est-à-dire concevoir les plans de sa conscience mieux que l’homme pourrait s’en charger ? N’est-ce pas ce que nous avons commencé à faire, quand des scientifiques tentent de nous comprendre en se débarrassant de toute émotion ?

Une des personae qui écrit entre les lignes de « Sous Acide » présente ainsi l’homme sans humanité, non pas pour l’en dépouiller, mais pour fabriquer des plans qui ne soient pas subvertis par elle. L’Histoire nous dit : tous les projets pour un homme supérieur ont échoués parce qu’ils étaient entachés d’intentions… bonnes ou mauvaises, peu importe : elles étaient… humaines.

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