Pourquoi l’évolution ne nous a-t-elle pas permis de prendre le contrôle conscient de notre fonctionnement viscéral interne ?

Par contrôle conscient j’entends en fait des automatismes identiques à ceux de la posture, qui nous tiennent debout sans que la volonté rentre dans le détail des informations neurologiques à distribuer. Ces automatismes s’améliorent au fur et à mesure de la croissance et du temps passé à améliorer nos talents physiques. Pourquoi cet affinage serait-il inconcevable au niveau de nos rouages intimes qui, nous l’expérimentons tous en vieillissant, sont loin d’être invulnérables ? Imaginons que nous puissions réveiller notre système immunitaire, en train de faire la sieste comme un abruti devant cette tumeur infiltrante, que nous puissions régler notre performance optimale à l’effort tout en bénéficiant d’avertisseurs précis quand nous allons trop loin, que nous ayons conscience d’un anneau discal fragilisé dans un effort, à laisser en paix le temps de consolider, que les taux de métabolites nous indiquent exactement de quels aliments nous avons besoin. Tout ceci constituerait un avantage évolutif certain, que nous avons effectivement réalisé dans l’appareil sensitivo-moteur, capable d’améliorer nos gestes et nos équilibres jusqu’à une finesse extraordinaire. Pourquoi le reste de l’organisme est-il resté à la traîne ?

3 hypothèses :
-Le système nerveux en charge du milieu interne est archaïque. Il n’était pas aussi fin que le cortex. Quand ce dernier s’est développé, il a pris en charge de nouvelles aptitudes et de nouveaux comportements, mais pas ce dont s’occupait déjà le cerveau primitif.
-Les équilibres du milieu interne sont trop complexes pour que la raison corticale fasse mieux que les automatismes primitifs. Contrairement aux changements de comportement, très efficaces sous la pression évolutive, il existait peu d’intérêt à changer volontairement ses équilibres internes.
-L’évolution nous a laissé incapables de nous prolonger, par une modulation du fonctionnement interne, pour que le renouvellement des générations reste assuré. Le remplacement des individus par de nouveaux modèles génétiques était plus performant que l’auto-amélioration des individus existants.

Enfin il semble que le contrôle sur notre homéostasie ne soit pas entièrement inaccessible à la volonté. Il s’agit de processus tellement sous-conscients et archaïques que nous ne parvenons pas, sans entraînement spécifique, à en prendre le contrôle. Ce n’est pas impossible pour autant, comme en témoigne le réglage du rythme cardiaque et respiratoire, à l’aide de techniques méditatives, qui facilitent la « plongée » dans l’échelle des consciences.

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