mai 122012
 

Pour l’instant ce que nous en lisons consiste grossièrement à rajouter des couches de mémoire et d’analyse rationnelle. Cela produira-t-il un être différent, ou seulement doté d’un Q.I. plus élevé ? Fera-t-il d’ailleurs mieux que des groupes humains de mieux en mieux spécialisés et coordonnés, réunissant leurs compétences en une sorte de super-cerveau ? Les anticipations se préoccupent peu des intentions d’un être supérieur. Nous avons déjà du mal à considérer objectivement les nôtres, par peur d’un réductionnisme. Les auteurs d’histoires de surhommes se contentent de projeter les leurs, plus ou moins sublimées, ou radicalisées s’ils veulent faire peur, mais toujours imitées.

Un fil conducteur existe pourtant pour jouer à l’oracle.
Ce n’est pas le cortex qui fait de l’homme ce qu’il est, intimement. Quand n’importe laquelle des fonctions corticales disparaît, par accident neurologique, la conscience survit et nous savons encore reconnaître dans le sujet une personne humaine. Tandis que toute lésion du tronc cérébral, où siègent les centres essentiels de la conscience primitive, fait disparaître la personnalité et laisse une coquille vide encore animée par des automatismes.
En quelque sorte, le primate, en nous, reste le noyau de notre être. Pas facile à encaisser pour l’espèce évoluée que nous sommes devenus, mais c’est physiologiquement une évidence : nous correspondons parfaitement à la définition du « singe savant ». L’intégralité du moteur de notre esprit, ce qui nous fait lever le matin, est le même que celui d’un chien. Les couches corticales sont un grand apparat qui transforme nos intentions instinctives en ce miracle de variétés cognitives et artistiques dont plus un seul individu ne peut avoir une vue d’ensemble ; seuls d’immenses champs de serveurs informatiques sont capables d’en entreprendre le stockage.
Ce qui nous intéresse est ceci : pour le primate ou pour le chien, nous sommes l’homme du futur. Or qu’est-ce qui a changé par rapport à sa propre position ? L’homme moderne l’impressionne de façon magistrale ; l’animal sera bien en peine de le comprendre. Pourtant, de son point de vue, pourrait-on dire que l’homme est devenue une « bonne » personne ? Le cortex nous aurait-il apporté de nouvelles intentions, d’une moralité parfaitement universelle, ou a-t-il simplement « encagé » les anciennes d’une façon à faire tourner le monde d’une façon plus efficace, sans conflits trop destructeurs ? Est-ce que le primate ne serait pas totalement effaré par certaines actions entreprises par nos contemporains, en toute « bonne » conscience ?

La société humaine continue à reposer sur le principe de domination ; rien n’a changé depuis que des couches de neurones sont venus complexifier les voies par lesquelles il nous fait avancer dans l’existence. Pourquoi le fait d’en rajouter d’autres changerait-il fondamentalement quelque chose à l’être qui en résultera ?
Nous pouvons créer des intelligences supérieures, qui nous mimerons dans des existences plus complexes. Pour créer une intelligence différente, il faut lui inventer d’autres intentions. A moins qu’elles n’existent déjà dans l’univers…

 Posted by at 8 h 17 min

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