avr 212012
 

Quel regard apolitique peut-on porter sur l’élection en cours, très passionnée, et qui va produire, merveilleux effet de la démocratie, son éternelle moitié d’insatisfaits — c’est à cela que l’on reconnaît une vraie démocratie ! et si l’on pense encore qu’un tel régime met fin aux conflits, c’est que l’on n’a pas saisi leur nécessité impérative — ? Les sarkozystes sont si désespérés qu’ils se scandalisent de cette vidéo sur Hollande, avec en sous-titre qu’un candidat ne pourrait jamais gagner une présidentielle aux USA après une pareille affaire. La mystification politique en question fait plutôt potache ; en réalité elle bouscule presque de façon sympathique l’image de terne fonctionnaire de la politique que véhicule Hollande.

Cette anecdote n’a aucune chance d’influencer l’élection car il n’existe pas de « pro-Hollande », seulement des anti-Sarkozistes. La droite aurait-elle présenté n’importe lequel de ses poulains prometteurs, il gagnait, en se prévalant du bilan gestionnaire de Sarko sans récupérer l’image dictatoriale. Mais les urnes vont choisir un traitement radical : un flash de radiothérapie contre le « SarkHomme ». La présidence socialiste, à l’évidence, va coûter cher à la France, non pas à cause du vide d’idées novatrices à gauche, mais parce qu’une nation est devenue un grand magasin, dans lequel les économies étrangères font leur marché, et sont attentives avant tout à la réputation du PDG. Ce critère influence bien davantage l’enrichissement d’un pays que la répartition des richesses en interne par la politique sociale, seule réelle liberté d’un gouvernement.

Les français peuvent se consoler en affirmant être toujours les hérauts de la diversité. Si l’on reprend la comparaison avec les USA, on ne peut que s’éponger le front de soulagement de ne pas vivre au milieu de l’étouffant conformisme de la middle class américaine. Les français écoutent encore leurs intellectuels — un luxe ! —, les américains sont pendus aux lèvres de leurs prêcheurs. Ils ont remercié un Clinton pour une pipe ; les merci français pourraient aller, comme un pied de nez, à un Hollande tentant de mystifier le théâtre politique.
Cette scène étant l’exact reflet de la diversité d’un peuple, la réduction du paysage américain à un parti de droite et un d’extrême-droite donne la mesure des mentalités locales : l’excentricité n’y est qu’un fantasme véhiculé par quelques artistes indépendants. La scène française n’est pas beaucoup plus riche, avec des acteurs principaux identiques depuis des décennies, malgré qu’ils aient tous déçu, et il n’existe pas d’imagination assez forte pour refuser d’aller voter.

Le souci du français est que pour vendre sa préoccupation sociale, il devrait la rendre séduisante aux cultures utilitaristes qui dominent la planète. Mais comment rendre attractive cette insatisfaction qu’il est seul à adorer ?

 Posted by at 10 h 03 min

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