jan 142012
 

Situation très courante, vu la fréquence des lombalgies chroniques, et gênante quand est finalement porté un diagnostic de rhumatisme inflammatoire alors que l’on a houspillé le patient sur son hygiène de vie depuis des mois ou années, voire entamé sa réorientation professionnelle.
Les conséquences d’un retard diagnostique ne sont heureusement pas dramatiques, car les anti-inflammatoires sont toujours au moins partiellement efficaces, et souvent spectaculaires. C’est plutôt que le médecin et le patient sont gênés de respectivement en prescrire et en consommer autant, sans obtenir de guérison définitive. L’affirmation d’une spondylarthrite va au moins déculpabiliser cette situation car, contrairement aux lombalgies banales, l’utilisation au long cours des AINS est parfaitement conseillée, contre une inflammation « maladie », agressive, et non pas contre une inflammation bénéfique, tentative de réparation physiologique dans les discopathies par excès de contraintes mécaniques. 

Le diagnostic différentiel repose depuis plus de 20 ans sur les très efficaces critères d’Amor (1), auxquels il faut adjoindre maintenant un critère IRM (présence de multiples hypersignaux discrets sur les insertions ligamentaires vertébrales) si le score atteint une valeur litigieuse, à la limite de la significativité.

Plus simplement pour la pratique courante, une étude prospective allemande (2) a déterminé 5 items comme étant les plus vraisemblables en faveur du diagnostic de spondylarthropathie :
-âge de début ≤ 35 ans
-réveils douloureux en seconde partie de nuit
-fessalgies à bascule
-amélioration par les AINS dans les 48 heures
-amélioration par l’exercice et non par le repos

__________________________________________________

(1) Critères de spondylarthropathie d’Amor
Sensibilité 92% spécificité 98%. Le score doit atteindre 6 points :
Clinique :
1. douleurs nocturnes lombaires ou dorsales ou raideur matinale lombaire ou dorsale (1 point)
2. oligoarthrite asymétrique (2 points)
3. douleur fessière sans précision (1 point), douleur fessière à bascule (2 points)
4. doigt ou orteil en saucisse (2 points)
5. talalgie ou toute autre entésopathie (2 points)
6. iritis (2 points)
7. urétrite non gonococcique ou cervicite moins d’un mois avant le début d’une arthrite (1 point)
8. diarrhée moins d’un mois avant une arthrite (1 point)
9. présence ou antécédent de psoriasis, ou de balanite, ou d’entérocolopathie chronique (2 points)
Radiologie :
10. Sacro-iliite (stade>2) (2 points)
Terrain génétique :
11. présence de l’antigène HLA-B27 ou antécédents familiaux de spondylarthrite, de syndrome de Reiter, de psoriasis, d’entérocolopathie chronique (2 points)
Sensibilité au traitement :
12. amélioration en 48 heures des douleurs par anti-inflammatoires non stéroidiens ou rechute rapide (

(2) Identifying patients with axial spondyloarthritis in primary care: how useful are items indicative of inflammatory back pain? Braun A. et coll, Ann Rheum Dis 20111;70:1782-7

 Posted by at 17 h 50 min

 Leave a Reply

(required)

(required)

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>