nov 042011
 

N’est-il pas incongru que l’on ait créé une branche sport-études pour des jeunes qui vont chercher à raccourcir de quelques secondes leur temps aux 100m, et qu’aucune éducation physique particulière n’accompagne ceux qui vont se diriger vers un métier éprouvant pour l’appareil locomoteur, en raison des charges, des postures et des machines impérieuses qu’ils vont affronter ?
La retraite d’un sportif professionnel survient vers la trentaine, celle d’un travailleur manuel à 60 ans ou plus, avec la certitude que son aptitude aura commencé à décliner bien avant.

La période où le corps est le plus facile à adapter à une activité physique va de l’adolescence au début de l’âge adulte. Les tendons sont capables de se renforcer, les cartilages parviennent à s’épaissir. Plus tard seule la masse musculaire est encore honorablement apte à s’améliorer, mais même elle finit par être frappée de sénescence : les fibres musculaires — sarcolemmes — fondent chez le vieux.

Actuellement les jeunes dirigés vers les métiers manuels sont en échec scolaire ou en situation précaire. Peu en font vraiment un choix. Terrifiante imbécillité du système quand on voit les compétences de ces bricoleurs, inventeurs, techniciens et artistes habiles : Pourquoi les diriger vers un métier pour lequel ils sont faits en leur adjoignant le boulet d’un échec lourdement sous-entendu, et en négligeant les moyens de leur préparation physique, dans un budget essentiellement consacré aux métiers informationnels ?
Tyrannie de l’intellectualisme.

On rencontre ainsi couramment en fin de carrière des manuels qui tiennent à force de fierté masculine, avec la sensation tout de même d’avoir été un peu négligés, voire d’avoir été traités comme leur boîte à outils : La société tâche de les faire tenir un maximum, puis brutalement : retraite. Rebut ?
Certains ne s’en affectent guère parce qu’ils ont surmonté depuis longtemps l’ambiance scolaire dévalorisante initiale, ont été leur propre patron, savent ce qu’ils valent. Ce sont ceux-là aussi, généralement, qui n’ont pas attendu de démonstration pour trouver les meilleurs gestes pour travailler. Ils sont encore en bon état ostéo-articulaire à la soixantaine.
D’autres, quelques années après la retraite, donnent l’impression d’avoir été jetés dans une décharge humaine. La désocialisation entraînée par la perte du milieu professionnel semble affaiblir leur esprit parallèlement à leur masse musculaire. Tendons et jointures sont plus abimés que chez les autres, mais ils s’en plaignent peu, ce n’est pas le genre. Cependant, cela nuit quelque peu à l’entrain le matin…

Refondons, par les physiques-études, la préparation aux métiers manuels. Voici une branche de la balance commerciale — le travailleur physique — qui pourrait voir ainsi diminuer ses importations…

 Posted by at 12 h 45 min

  One Response to “Physique-études”

  1. J’espère qu’on écoutera ton opinion plus haut.

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