L’obtention du diplôme a une valeur symbolique capitale : L’on s’est hissé à la hauteur de ses prétentions. Pourtant il cache une méchante imposture : La vie n’est pas un programme universitaire, souvent même est masquée par lui.
Nous venons de réussir l’ascension de la pente la plus raide. Qu’il est grisant de contempler, derrière nous, le monde à nos pieds. Si nous ne sommes pas trop engourdis par le succès, nous pouvons lever la tête et voir la paroi immense qu’il reste à gravir. Tirons même davantage de prétention, en fait, d’être parmi les rares à s’en rendre compte.
Le diplôme est chargé d’une valeur enthousiasmante à l’époque où nous avons peu conscience de notre ignorance et où le savoir se situe à l’échelle de notre esprit. Nous devenons, d’un jour à l’autre, les maîtres du monde, avec les erreurs que cette confiance peut entraîner.
Le diplôme devient plus inquiétant dans un monde où l’étendue de ce que chacun doit encore découvrir est partout manifeste. Il peut sembler un gage d’assurance incertain, tandis qu’il retire du soutien : Nous ne pouvons plus prétendre à la naïveté. Nous devons être capables, alors qu’il reste tant à faire.
C’est une évolution inéluctable, mais ne serait-elle pas adoucie par un diplôme continu émaillé de célébrations régulières d’initiés ?
Réflexion construite sur la désaffection des jeunes médecins pour l’installation libérale. On leur propose des responsabilités de plus en plus lourdes, en échange d’un diplôme dont le pouvoir est de plus en plus faible. Rien de surprenant à ce qu’ils rechignent à s’engager dans une carrière que leurs aînés expérimentés quittent avec un brin de soulagement, qui n’existait pas auparavant…
Oui c’est vrai. J’aime d’ailleurs beaucoup l’entrée du « dictionnaire des idées reçues » de Flaubert :
Diplôme. Signe de science. — Ne prouve rien.
Je suis moi meme docteur en Médecine et docteur en Informatique Médicale, je peux dire que cette définition, c’est souvent exact (je ne vois pas la poutre dans mon oeil, etc.) …