Montée à pied : La technique du funiculaire

Résumé : Modifiez votre technique de marche en montagne pour doubler votre vitesse de montée.

Jeune, j’étais surpris de voir des amis randonneurs avancer à un rythme semblable au mien sur les plats et les descentes, et se faire lâcher complètement dans les montées un peu raides, alors que nous étions de résistance physique équivalente. J’ai plus tard observé leur technique de marche et m’aperçus qu’ils ne la modifiaient pas dans les montées comme je le faisais instinctivement.

La plupart des gens, dans une pente, poussent sur leur jambe vers le haut, puis avancent sur la jambe tendue, comme s’ils passaient d’une marche d’escalier à l’autre — sans doute est-ce d’ailleurs de pratiquer les escaliers avant des pentes qui entraîne cette habitude —. Ils donnent l’impression de passer par-dessus leur genou, à son élévation maximale sur la jambe tendue, comme faisant du saute-mouton, et le trajet de leur buste suit effectivement un escalier.

L’autre méthode, celle du funiculaire, est de pousser directement dans l’axe oblique de la pente. La jambe avance loin devant, puis l’on tire sur son genou comme sur un tiroir récalcitrant, vers l’arrière et non vers le haut. On termine le mouvement en étendant au maximum le membre vers l’arrière. Le genou est plié tout le temps, ne monte pas. Le bref moment de repos n’est pas au milieu du pas, quand le membre tendu supporte le poids du tronc dans l’axe vertical, mais à la fin du mouvement, le membre étendu au maximum vers l’arrière, qui est bien également dans l’axe du poids qui est incliné obliquement en avant selon l’axe de la pente. Le tronc est bien entendu incliné dans cet axe. Il reste en permanence à la même distance du sol, sans monter et descendre.

Cette technique est plus coûteuse pour les quadriceps, mais essentiellement parce que la montée est beaucoup plus rapide. Au total la dépense d’énergie est plus faible par mètre de dénivelée, et les articulations sont moins agressées grâce à la diminution des pressions sur les zones habituellement soumises aux pressions verticales statiques.
La rentabilité de la méthode est maximale pour une pente moyenne de 7 à 10%. Après, c’est de l’alpinisme et l’on peut recommencer à se hisser.
Si vous voulez vérifier la rentabilité ou n’avez pas bien compris comment procéder, baissez votre bassin de 10 cm et continuez à marcher sans le monter, en allongeant le pas. Vous serez obligé de fléchir les cuisses et de passer à la méthode décrite. Utilisez un short court et ample, sinon il gênera la flexion de cuisse.

Utiliser la technique si l’on n’y est pas habitué fatiguera vite les cuisses. Mieux vaut faire des pauses plus fréquentes, mais persister. Le quadriceps est un muscle puissant capable de s’adapter à la tâche si on l’entraîne assez régulièrement. Sur une randonnée de plusieurs jours, vous finirez par ne plus vous épuiser et aurez sans doute doublé, au minimum, votre vitesse de montée.
Attention, le coeur doit également s’adapter à cet effort tout de même plus intense, même s’il est moins prolongé. A partir de la quarantaine et s’il y a des maladies cardio-vasculaires dans la famille, il est prudent de faire un ECG d’effort avant une randonnée inhabituellement fatigante.

2 réflexions au sujet de « Montée à pied : La technique du funiculaire »

    1. Modifier sa technique de marche agit sur tous les muscles du membre inférieur, qui sont soit agonistes à l’effort soit stabilisateurs. Les fessiers sont concernés. Ce sont des muscles puissants qui encaissent en général sans broncher les demandes supplémentaires. Le quadriceps reste le plus sollicité.

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