Août 102011
 

Dans la relation médecin-malade, le praticien qui fait des attaques frontales et dévastatrices a une utilité considérable.
Certes il se sert de son intelligence émotionnelle avec la délicatesse d’une massue, mais facilite incroyablement le travail du médecin suivant, dont le doigté, même malhabile, sera considéré comme un contraste merveilleux et permettra une interaction fort constructive.
La polyconscience du patient, sous le choc reçu, est déplacée. Elle ouvre de nouvelles fenêtres. Tout le décor peut changer.

Bien plus aliénant est le médecin scientiste, dont l’empathie semble sortie tout droit du dernier âge glaciaire, et qui parle au patient de son corps comme un petit homme vert qui viendrait de le capturer sur Terre.

Dans un bon réseau, il faut un médecin maltraitant, celui qui va sauter à pieds joints sur le point sensible, au lieu de tourner précautionneusement autour pendant des semaines et des mois, et creuser ainsi un fossé de non-dit.
Mais le maltraitant devra avoir un correspondant plus sensible, pour former l’efficace duo classique du film policier : L’enquêteur qui tabasse et celui qui console…
…et l’inconscient se met à table.

 Posted by at 15 h 41 min

  2 Responses to “A propos des médecins maltraitants”

  1. Considérant que l’adolescent construit son assurance sur les défaillances qu’il repère chez ses parents, alors le thérapeute utile devrait laisser apparaître suffisamment de déficiences pour que le patient s’affermisse en les découvrant.
    C’est probablement vrai pour toute la médecine : Au final, les patients qui prennent le mieux leur destin en main ne sont-ils pas ceux qui ont trouvé ou subi les carences de leur médecin ?

    Dans certaines relations, thérapeutiques ou non, j’ai pu me rendre compte que mon interlocuteur montrait lui-même un désir de m’aider. Un retour d’ascenceur. Disposant déjà d’une (trop ?) forte assurance, je n’en voyais pas l’utilité et me montrais peu réceptif. C’était stupide, compris-je plus tard, car le but profond de sa démarche était d’améliorer sa propre assurance, et je n’avais qu’à montrer quelques trous dans la mienne pour lui permettre de réussir.

  2. pinaise !

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