avr 222011
 

JIM titre : Prise en charge du mal de cou : un coup aux recommandations
Une enquête aux USA (Caroline du nord) étudie les solutions retenues dans la vie réelle par 141 cervicalgiques chroniques trouvés au sein de 5357 ménages sélectionnés aléatoirement à partir de leur numéro de téléphone. Les professionnels consultés étaient par ordre de fréquence : généraliste (72%), ostéopathe (40%), chirurgien orthopédiste (31%), neurochirurgien (29%), kinésithérapeute (28%), neurologue (22%), psychiatre (13%), rhumatologue (« seulement » 3% — le rapporteur ignore visiblement que le rhumatologue américain est en fait un interniste, ne s’occupant que des rhumatismes inflammatoires et non de la pathologie mécanique comme en France ; aux USA les médecins du rachis sont les ostéopathes —).
Mais la conclusion du médecin journaliste est pour le moins surprenante : Cette étude démontre la grande différence entre la prise en charge des cervicalgies chroniques et les recommandations élaborées à partir de la littérature Cochrane, et basées sur le niveau de preuves. Ainsi, il existe une sur-utilisation de l’imagerie, des traitements médicamenteux, des manipulations vertébrales, de la physiothérapie, qui ont pourtant un faible niveau de preuve d’efficacité. Parallèlement, la rééducation active est peu employée bien que dotée d’un niveau preuve d’efficacité supérieur.
L’idée que soit erronée la méthodologie ayant conduit à des recommandations que, par vécu, personne ne suit, n’occupe pas un instant l’esprit du journaliste. En élevant une vision de la science au statut de religion, on en perd les principes de la science.
Les patients, en pratique, n’ayant pas d’étiquette plus précise que « cervicalgie commune », ne se voient pas proposer de traitement orienté et codifié, et errent seuls entre tous les spécialistes concernés, en fonction de la réputation de chacun dans cette pathologie, et l’enquête montre finalement précisément quelle est cette popularité — du moins pour les USA —. Vous êtes cervicalgique ? Bienvenue dans la jungle du soin.

Goode AP et coll. : Prevalence patterns, and evidence for chronic neck pain. Arthritis Care & Research. 2010; 62 : 1594-1601

 Posted by at 13 h 34 min

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