mar 142011
 

Au congrès ostéopathique de Tignes, le démembrement des causes de cervicalgies en 8 tableaux anatomo-cliniques — dont les adhérents disposent pour un auto-diagnostic — ne laissait pas de place spécifique à la fibromyalgie (FM), affection où les douleurs cervicales sont pourtant fréquemment présentes.
La fibromyalgie n’est pas en effet une maladie, mais une présentation anormale des symptômes des autres maladies, et l’existence de douleurs diffuses sans pour autant être malade. C’est un dérèglement du rétro-contrôle de la douleur, lié à un épuisement métabolique au stress, la source étant en général des violences sévères subies bien des années auparavant, ou requalifiées en violences : La vague d’apparition de la fibromyalgie dans les pays occidentaux a correspondu à la criminalisation des abus sexuels et des violences familiales fréquents jusqu’au siècle dernier, avec une victimisation des femmes concernées parfois très longtemps après les faits.
La fibromyalgie ne relève pas de la psychiatrie et les psychothérapies sont une prise en charge secondaire, indiquées parce que la FM peut avoir un retentissement psychologique important dans la vie personnelle.
Elle ne relève pas non plus « d’assauts » pharmacologiques tels que le pratiquent souvent les médecins : Il n’y a pas d’anomalie neurochimique dans la FM. Le cerveau fonctionne parfaitement au plan biologique. Ce sont ses interprétations des signaux sensoriels qui sont déréglées.
L’échelle médicale classique de la douleur, qui va de « douleur intense » à « pas de douleur », est inadaptée à la fibromyalgie. La véritable échelle de la sensibilité physique va de « douleur » à « plaisir ». La FM, au repos, n’est pas calée au milieu sur « absence de sensation » mais « douleur », et l’éventail de sensations autour est réduit. L’approche médicale classique, qui vise le « zéro douleur », est inadaptée à cette maladie. Il est nécessaire d’élargir la gamme des informations sensorielles et la tirer vers « plaisir ». Malheureusement, on ne peut pas transformer les cabinets médicaux en lupanars… et les patientes doivent malheureusement chercher seules à se comprendre et à s’administrer davantage d’injections de plaisir !

Celles qui reconnaissent l’existence des violences passées feront utilement un travail sur leur « extraction » personnelle de l’affaire : Les violences de ce type — qui ne sont pas excusables — ne sont pas ciblées sur la victime mais sur le symbole que les débordements instinctifs du coupable voient en elle. Le côté insupportable de l’épisode pour la victime est qu’un personnage familial, qui pour elle ne peut être autre chose qu’un protecteur, est déclaré brutalement en agresseur. Incompréhensible. Qu’ai-je pu faire de mal ? La victime y voit une personnalisation de l’agression alors qu’elle est au contraire une chosification.
Intéressée pour aller plus loin ? Vous trouverez ce sujet traité dans les chapitres XXY et Ingéniérie du Moi de Sous Acide Filozophique, disponible dans la section adhérents.

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  5 Responses to “Fibromyalgie : Où est la sortie ?”

  1. Merci de votre prise de position et « défense » des fibromyalgiques et de développer la notion de « plaisir » quoique péjorative pour certains et souvent mal interprétée…

    Nous avons développé un projet nommé « la douleur autrement » avec des questionnaires d’évaluation. Ce projet avec le corps médical permet en effet aux fibromyalgiques d’apprendre à gérer leurs douleurs, la fatigue, la mobilité et leurs émotions (ne pourrait-on pas imaginer cela pour plein d’autres pathologies de douleur chronique ?).

    Cependant, permettez-moi une remarque concernant les violences : pour répondre à différentes questions ou affirmations nous avons lancé une enquête sur la « perte d’autonomie et de qualité de vie du douloureux chronique fibromyalgique » dans lequel nous proposons de nombreuses causes de stress (dans l’enfance ou ensuite), et, ce n’est pas la violence telle que supposée ou suggérée qui apparait en premier – nous avons plus de 1000 réponses à ce jour.

    Si un jour on pouvait arriver à un consensus, travailler autour de la table, et partager nos projets, ce « dossier » serait moins susceptibles de critiques ou de déni.

    Merci bien vivement de m’avoir lue.
    CR, Présidente de Fibromyalgie France

    • Votre questionnaire est-il anonyme ?
      Quel pourcentage de personnes répondent au questionnaire ?
      Nous ne cherchons pas à porter un jugement de personnalité sur celles qui auraient cet élément déclencheur — des violences, parfois purement psychologiques — dans leur histoire. Il s’agit de modifier l’approche thérapeutique et en particulier d’arrêter les « assauts » biologiques. Nous n’avons pas de projet, n’ayant que les moyens de la médecine libérale, mais c’est l’hypothèse que nous utilisons avec succès pour améliorer nos patientes.

  2. Bonsoir,
    Je vais répondre au mieux à vos questions :
    Votre questionnaire est-il anonyme ? oui parfaitement.

    Quel pourcentage de personnes répondent au questionnaire ?
    Je suis désolée, je ne comprends pas la question : nous avons 1082 réponses à ce jour. Le pourcentage de quelles valeurs ? merci de votre précision afin que je puisse vous répondre.

    Nous ne cherchons pas à porter un jugement de personnalité sur celles qui auraient cet élément déclencheur — des violences, parfois purement psychologiques — dans leur histoire.
    Je l’avais bien compris ainsi.

    Il s’agit de modifier l’approche thérapeutique et en particulier d’arrêter les « assauts » biologiques.
    A ce propos je vous renvoie également à notre enquête sur les « 8 molécules prescrites aux FM sur les 77 sous surveillance par l’AFSSAPS » et nos demandes renouvelées auprès du ministère de la santé toujours sans réponse…

    Nous n’avons pas de projet, n’ayant que les moyens de la médecine libérale, mais c’est l’hypothèse que nous utilisons avec succès pour améliorer nos patientes.
    Je n’en doute pas, d’où mon intervention initiale portant sur le thème « la douleur autrement ».

    Si vous souhaitez disposer des enquêtes en version « sans sauts de page », il vous suffit de m’envoyer un mail à fibromyalgie.france@wanadoo.fr et je vous les ferai suivre.

    Bien cordialement,
    Carole Robert

  3. Dans les études scientifiques, il est important de savoir si les absentes, perdues de vue si c’est une étude de suivi, ou dans votre cas celles qui n’ont pas répondu, sont très différentes ou non des personnes restées dans l’étude.
    On peut imaginer par exemple que celles confrontées à un passé difficile n’aient aucun désir de participer à l’enquête, voire même de s’inscrire à votre association. Cela peut rendre votre travail difficile, éventuellement invalide au plan statistique. Les médecins n’osent plus accorder la moindre foi à une étude tant qu’elle n’a pas eu le visa d’un statisticien compétent.
    Cordialement

  4. Nous n’avons pas fait une étude scientifique – même si l’enquête a été revue et réfléchie avec des professeurs en médecine – mais bien une enquête permettant avant tout d’avoir des argumentaires (d’où l’importance du nombre de réponses nécessaires) pour nos discussions au sein des institutions ou pour alerter les médias.

    Ainsi, cette enquête est anonyme, en ligne sur notre site internet, et nous permet à nous aussi de mieux représenter les malades. Certaines réponses (et leur pourcentage) nous interpelle nous-mêmes.

    Nous « travaillons » ainsi depuis très longtemps sur la base de recueil de données (disons le comme cela) pour apporter des éléments de réflexion à nos discussions.

    Une enquête scientifique devrait en effet être diligentée par les institutions ou par une équipe de recherche.

    Merci bien vivement de votre intérêt à notre cause.

    Cordialement,
    CR

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