Douleur et peur ne sont pas si intimement liées

Notion très importante à l’heure où l’amalgame entre douleur et peur est responsable de la majeure partie des comportements erronés face à la maladie : La douleur n’est pas considérée comme un signal utile mais comme un méchant avatar du Diable qu’il faut absolument éliminer, par tous les moyens. Or certains de ces moyens sont plus nocifs que bénéfiques, et l’abrogation de la douleur « guide » entraîne souvent la pérennisation des troubles, autant d’ailleurs que le fait de la respecter trop strictement.
Beaucoup d’entre nous n’imaginent pas être capables de se débarrasser de la frayeur qui accompagne presque systématiquement l’approche de la douleur et son souvenir.
Pourtant, les tests fonctionnels sur le cerveau montrent que les sensations douloureuses activent peu l’amygdale, le « noyau de la peur ». Les voies de la douleur centrale sont complexes et dispersées, tout en se concentrant sur des centres spécifiques, comme le font toutes les informations sensorielles. Il n’y a pas de liaison intime, directe, avec les émotions, et la peur en particulier, que nous serions incapables de contourner pour des raisons biologiques. Nous avons la maîtrise de la façon dont nous considérons la douleur, au même titre que nous prêtons attention ou non au chaud et froid, au toucher, sensible ou non, aux sons, harmonieux ou désagréables. Notre hantise de la douleur est culturelle et acquise : Nous apprenons à la craindre. Continuons donc nos leçons pour mieux la cerner
…et ne plus en être les esclaves.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *