Déc 062010
 

Un régime alimentaire spécifique peut-il améliorer ou aggraver un rhumatisme ?
Grosse dissonance entre les enquêtes scientifiques, qui n’ont jamais pu démontrer l’intérêt de ces approches thérapeutiques, et des avis individuels, certains rhumatisants se disant persuadés d’influencer le cours de leur maladie avec un régime de leur composition. Ces personnes tombent-elles dans l’auto-suggestion, les moyens de la science sont-ils insuffisants, ou existe-t-il une autre explication ?

Les avancées sur l’origine potentielle des rhumatismes, exposées dans ce post, permettent peut-être une explication :
Le rhumatisme, dans cette théorie, est causé par la conjonction de 3 facteurs : terrain génétique prédisposant, fragilisation de la paroi intestinale par un produit faiblement toxique sur ce terrain, passage d’un virus normalement non agressif dans les cellules intestinales, réaction inflammatoire chronique contre les particules virales, responsable du rhumatisme.
Dans un tel modèle, le régime alimentaire peut évidemment avoir une influence, de deux façons :
-suppression du toxique : il n’y a que dans l’allergie au gluten, responsable de la maladie coeliaque, qu’un toxique précis a pu être identifié. Les autres maladies sont probablement dues à des produits divers, toxiques sur un terrain particulier seulement -> difficiles à identifier.
-modification de la flore digestive favorisant ou réduisant la prolifération du virus responsable de l’inflammation réactionnelle : C’est ici que l’on comprend la difficulté à déterminer un régime alimentaire universel : Nos flores bactériennes sont loin d’être identiques. Elles représentent une population énorme (10 fois le nombre total de cellules dans notre organisme) et sont une signature propre à chaque individu. On pense actuellement que la tendance familiale à l’obésité vient autant ou plus de cette flore transmise par les parents au nouveau-né, que de l’héritage génétique.

Ainsi il n’est pas possible de prédire quelles modifications de régime vont changer favorablement l’équilibre de la flore pour un individu précis. Ce qui très probable, c’est que les habitudes d’un patient ne seront pas transposables à un autre. Les conseils « vécus » que vous pouvez recevoir n’ont pas grande valeur. Mais que cela ne vous empêche pas de faire vos propres tentatives, en variant votre type de nourriture, en limitant certains aliments – sans tomber dans des régimes carencés, ne donnez pas dans l’auto-mutilation chère à certains prophètes ! -. Sachez que l’effet ne peut pas être instantané : l’évolution d’un rhumatisme se mesure en semaines, et le changement de composition d’une flore digestive ne se fait pas en quelques jours. Tenez le cap d’un changement alimentaire sur 1 mois minimum avant de juger du résultat, et n’hésitez pas à switcher vers votre ancien régime pendant 1 autre mois, puis retour vers le nouveau, afin de vérifier que ce sont bien ces modifications qui sont responsables – le rhumatisme peut évoluer pour d’autres motifs, ne vous aveuglez pas -.

Une expérience intéressante pour les voyageurs est de se mettre complètement à la nourriture locale dans le pays qu’ils visitent, et voir si leur maladie en est influencée. Si c’est positif, vous n’avez plus qu’à remplir le caddie au rayon exotique du supermarché !

 Posted by at 19 h 08 min

  3 Responses to “Régime alimentaire dans les rhumatismes”

  1. Bonjour,
    Dans son livre « Anti Cancer », David Servan Schreber site des régimes plutôt pro-inflammatoires et d’autres ayant une action anti inflammatoire. Il site des études scientifiques en donnant leur degré de validité. Selon lui, l’alimentation jouerait donc un rôle dans les mécanismes inflammatoires.
    Par ailleurs, l’obésité est toujours concommitantes d’une inflammation généralisée.
    Cordialement.

    • L’article ne va pas dans le même sens que DSS : l’idée est qu’il n’existe pas de régime pro ou anti-inflammatoire valable chez tout le monde, que donc seuls des essais individuels ont de la valeur… chez l’individu en question.
      Obésité et inflammation : Attention de ne pas mélanger les problèmes : L’inflammation rhumatismale est particulière, indépendante du poids. On voit indifféremment des rhumatisants maigres ou gros. Je n’ai jamais constaté qu’un régime amaigrissant ait amélioré significativement les arthrites d’un rhumatisant, même s’il en tire d’autres bénéfices évidents.

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