Une nuit avec Holter

Pour la première fois j’ai couché avec un boîtier.
Je sombre dans la chosophilie.
Pensez-vous qu’il renferme des trésors de plaisirs interdits ?
Pas du tout. Il m’épie.

Cette électronique guette le chant de mon oreillette au ventricule.
Pour une fois c’est le féminin qui racole et le masculin
qui minaude et bat la chamade.

A peine endormi, j’ai rêvé que l’enquête était commanditée par ma mère :
« A-t-il déjà commencé à se tripoter ? »
C’est sûr que pour justifier 180 pulsations/minute en pleine nuit,
prétendre que c’est la course à pied oblige à bien ranger sa chambre.

L’examen va s’avérer inutile.
Son intimité bafouée, mon coeur ne risquera pas
le moindre battement dévergondé.

Je rends le boîtier stupide et cherche une vraie spécialiste du coeur,
le genre où si elle vous trouve un petit quelque chose,
vraiment vous n’en avez plus pour longtemps.

Et si d’aventure vous croisez ce Holter dans la rue,
surtout ne vous laissez pas séduire :
Il couche avec tout le monde.

Demain, on me présente une floppée de nouvelles candidates pour partager mes nuits :
Je vais à une réunion Tupperware.

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