La croissance embryonnaire du cerveau
tend à mettre en place le maximum de liaisons synaptiques possibles,
avec des variations individuelles d’origine génétique.
Par la suite, apprendre est stabiliser des combinaisons synaptiques pré-établies,
et simultanément en éliminer d’autres.
Ce processus n’est pas uniforme au fil de la vie.
Vif et pétulant dans la petite enfance, il ralentit sous l’effet du vieillissement neuronal.
L’évolution psychologique est ainsi encore ancrée dans le support biologique,
par une diminution de la plasticité cérébrale, par cette élimination plus définitive de connexions,
des oublis ciblés qui, d’un certain point de vue, améliorent l’efficacité mentale,
tandis que d’autres connexions affirment leur permanence - psychologiquement leur assurance -.
Imaginons le cerveau comme un immense synthétiseur à fiches,
toutes liaisons possibles mises en place pendant la vie embryonnaire.
Puis les évènements viennent graver des liaisons particulières,
les renforçant et en débranchant d’autres pour créer les sons / pensées
qui vont faire la spécificité de ce « modèle ».
Dans un tel concept, le vieillissement cellulaire est nécessaire à la construction du soi,
une consolation devant les conséquences ultimes de ce vieillissement, sénilité et Alzheimer.
L’utilisation d’outils est également essentielle dans l’organisation du cerveau :
Elle modèle l’architecture de régions entières,
d’autant plus profondément et rapidement qu’ils sont employés régulièrement.
L’ordineur, vous le devinez, n’est pas un outil ordinataire (ou le contraire) :
L’existence d’un système d’exploitation, interface avec le langage de la machine,
influence l’organisation d’une partie considérable du cerveau
puisque nombre de ses tâches peuvent être transmises et complétées par la machine.
Nous n’allons pas seulement un jour nous connecter physiquement à l’ordinateur :
Nous sommes déjà reprogrammés par nos connexions sensorielles avec cet outil universel,
et nos cerveaux sont devenus ainsi des analystes beaucoup plus performants,
indépendamment du travail fourni par la machine.
Il faut en avoir conscience au moment de choisir son système d’exploitation et ses logiciels,
décision bien plus lourde de conséquences qu’un simple aspect pratique.
Qui imagine vraiment le poids astronomique
qu’aura eu Microsoft dans l’uniformisation de la psyché humaine ?
Considérez le souci aigu de chacun
dans le choix du partenaire génétique pour la confection de sa progéniture,
et personne ne se préoccupe de quel mental est doté
le concepteur du logiciel que l’on utilise tous les jours…
Demandez la fiche du type qui vous programme aussi !
Le soir tombe et les ambulances hurlent sur leur chemin pour l’amener à l’hôpital (c’est de Pierre Dac)
Les anglais disent
Sir, I beg to differ
Ce qui veut dire que je crois que cette description de la genèse du cerveau n’est pas de notre époque.
Quant à dire une parole intelligente sur la genèse du cerveau, qui veut s’y risquer?
Nous avons perdu tellement de temps avec le « red herring » des ordinateurs qui nous ont amenés sur une analyse absurde de la genèse et du fonctionnement du cerveau.
Nos auteurs de S.F. ont rêvé le cerveau tel qu’il serait dans quelques décennies. Nous l’avons vu , c’est H.A.L. Nous avons admiré, craint, aimé H.A.L et pleuré à sa mort, une des plus belles pages écrites sur la mort.
Je suis toujours en encore sous le choc de « E.R. » dans lequel un enfant reçoit un implant cochléaire . Dès qu’on branche l’implant, pour l’enfant c’est l’horreur, une cacophonie insupportable. C’est l’étape suivante qui me laisse perplexe, le cerveau va recevoir cette information chaotique et peu a peu la transformer en sons, puis en mots.
Comment est-ce possible?
De même, comment est- possible qu’un nourrisson vers 7 mois soit capable de tendre sa main et de dire « vodka »? ( et comment est-ce possible que les parents entendent « papa? »).
Encore aujourd’hui il semblerait que ceux qui se disent connaisseurs ne sont pas certains que nous soyons ou ne soyons pas nés avec un « blue print » sur lequel le cerveau va se construire.
n
un brin de nostalgie: lorsque nous apprenions le cerveau en terminal, le neurone était décrit comme ayant quelques (2, 3, ‘, des chiffres raisonnables) dendrites et pas comme aujourd’hui quelques milliers de dendrites; Heureusement, car il devient si difficile de se faire une image d’un cerveau constitué de 150 billons de neurones , chacun ayant 1000 dendrites. Si votre chef informatique vous demande de créer un système de gestion pour cet ensemble, par quel bout saisissez-vous le monstre?
Deux étrangetés qui font réfléchir. Le cerveau fonctionne avec 150 billions de neurones, notre Galaxie fonctionne avec 150 billions de soleils, mais nous sommes incapables de voir les dendrites de notre galaxie. où est l’erreur?
Et pour faire fonctionner le cerveau, est-ce un hasard où une nécessité que le diamètre apparent de la lune soit presque similaire à celui du Soleil?
Je ne sais pas si vous avez bien compris l’article. L’idée principale n’est pas que le cerveau fonctionne comme un ordinateur, mais qu’il est un extraordinaire imitateur, très influencé par son environnement.
Toute interaction modifie presque instantanément son comportement, souvent en laissant des traces durables, pas seulement en termes de souvenir, mais de façonnage profond. L’utilisation d’un outil simple, ou de prismes oculaires, reconfigure les aires cérébrales concernées en quelques minutes.
Comment un ordinateur, avec la complexité des tâches cérébrales que requiert son interface, modifie-t-il le fonctionnement même de notre intelligence ?
Telle est la question posée.