Le Xi dans la genèse des douleurs chroniques

Comment expliquer que des patients présentent des examens avec des lésions dégénératives beaucoup plus sévères que d’autres sans s’être plaint davantage au fil des années ?
La 1ère réponse qui vient à l’esprit est qu’ils ont une hérédité différente. Oui, mais pourquoi n’ont-ils pas ressenti cette différence génétique avec les conséquences très visibles en termes de détérioration qu’elle implique ?

La vraie réponse est sans doute une affaire de sensibilité fort différente.
La sensibilité individuelle est le domaine le moins bien étudié par la médecine et pour cause : Les études cherchent systématiquement à en faire abstraction pour tenter de présenter des résultats affranchis de cette variable énorme et si difficile à quantifier.
Le médecin de ville se débrouille avec ses mots et son expérience : Il connaît ses patients neurotoniques, fibromyalgiques, lymphatiques, sportifs et adapte intuitivement ses diagnostics et prescriptions à ces tempéraments.

La sensibilité (utilisons le terme médical de proprioceptivité car on ne parle pas ici de sentimentalité) est pourtant une affaire de 1ère importance si elle conduit l’un à se présenter à 50 ans avec un rachis intact, l’autre avec des vertèbres téléscopées et une floraison d’ostéophytes.

Les points sensibles des fibromyalgiques trouveraient sans doute leur véritable utilité dans un chiffrement de sensibilité individuelle (C.S.I ou Xi) : Une pression de force standardisée est appliquée sur chaque point et la personne signale sur une échelle visuelle analogique quelle est la sensation perçue, entre chatouillement et douleur en passant par pression neutre.

Ce Xi a potentiellement une importance supérieure à l’index de masse corporelle pour les affections musculo-squelettiques. Une personne qui ignore ce qu’il se passe dans ses rouages a un confort de vie réduit. L’extrême est d’ailleurs la mutation rare qui provoque l’absence des fibres nerveuses de la douleur chez quelques individus (analgésie congénitale) : Ils ont une espérance de vie raccourcie, n’ayant aucune information et, sauf à être très attentif, aucune réaction à une quelconque agression corporelle, ne serait-ce qu’une simple plaie.

Le Xi est sans doute très influencé par le développement psychologique et physique dans l’enfance. Un enfant fâché avec les activités physiques aura un mauvais Xi. Une partie plus réduite de son cortex va prendre en charge les très complexes processus, sans cesse améliorés, de la proprioceptivité.

L’état de santé des personnes dépend de la façon dont ils gèrent leur Xi.
Une gêne apparaît, se transforme en douleur ? Quel type de « boîterie » va utiliser cette personne pour l’esquiver, quels compromis va-t-elle effectuer dans sa vie quotidienne ? Si la douleur dure, persistera-t-elle dans les mêmes conduites d’évitement ? Va-t-elle s’inquiéter ?
Par exemple dans une tendinite, certains vont être tellement attentifs à la douleur qu’ils donnent l’impression d’avoir le membre fracturé, d’autres au contraire finissent par s’énerver de cette « défaillance du matériel » au point de se mettre à taper sur le point douloureux !… avec, dans cette situation précise, des résultats bien meilleurs que dans le 1er comportement.
On trouve aussi ici, par l’inquiétude, souvent excessive ou insuffisante, l’effet très puissant de l’information médicale par les médias ou les professionnels.

Il existe ainsi des maladies du Xi : Historiquement c’est surtout une carence de sensibilité, qui transforme un travailleur manuel efficace et volontaire en un patchwork de tendons et d’articulations détériorées en fin de carrière.
Mais depuis une trentaine d’années sont apparues dans les sociétés occidentales les maladies par excès de Xi, dont le prototype est la fibromyalgie.
Elles sont causées par la réduction générale des activités physiques, les nouvelles pressions sociales et victimisations (la place de la femme en particulier a été révolutionnée), et le grand pouvoir pris par le monde de la santé sur l’état de bien-être.

Un parallèle est facile avec l’alimentation : Le déséquilibre entre offre alimentaire pléthorique et réduction des activités physiques a perturbé la sensation de satiété et provoqué l’épidémie d’obésité.
De même, la réduction des sensations physiques quotidiennes et l’apparition de « conseils » de santé non personnalisés (le « sucre ») a perturbé les facultés d’analyse de son propre Xi et contribué à l’épidémie des douleurs chroniques.

4 réflexions au sujet de « Le Xi dans la genèse des douleurs chroniques »

  1. Pr Schmoutt:

    Si j’ai bien compris, on pourrait répartir les individus en deux catégories :
    les Xi-low-phones, se plaignant peu
    et les Xi-high-phones, ayant une expression orale trop développée de leurs points Xi
    La première catégorie ayant tendance à devenir minoritaire dans les sociétés modernes ayant depuis longtemps banni ce type d’instrument des orchestres de Jazz

  2. Excellent développement high-tech de la théorie.

    Je pense que les EMG peut servir à recharger les Xi-low-phones,
    injustement décriés comme modèles lourds et sans intérêt.
    Vous avez tous remarqué la mine transformée
    des patients qui ont passé 1 heure sous charge rapide…

    Enfin un amortissement possible sur 24H pour ces appareils.
    Il suffit de laisser le dernier client à charger la nuit.

  3. Lionel:

    C’est pas con du tout tout cà…
    Et du coup tout s’éclaire !!
    je comprends mieux pourquoi les patients sous anesthésiques se plaignent peu car ils appartiennent à la catégorie des Xi-low-caine, cousine germaine du groupe des Xi-low-phone.
    Pour les Xi-high-phones plus actifs voire trop agités, ils s’apparentent au xi-high-Jo toujours prêts à partir au quart de tour.

    La deuxième catégorie étant malheureusement devenue majoritaire dans les sociétés modernes du fait d’un environnement souvent ressenti comme hostile de la part et envers son prochain…

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