Vieillissement articulaire: Trop d’agressions ou manque de réparation ?

Nombreux sommes-nous, quand arrivent les premières douleurs articulaires, à focaliser sur les agressions quotidiennes, qui semblent idéalement coupables: efforts au travail, incidents ou accidents, pratique sportive intensive, récente ou passée.

Pourtant, les efforts physiques imposés par la plupart des métiers se réduisent: les charges unitaires sont moins lourdes, les machines font les boulots les plus difficiles, les ascenseurs nous montent, les voitures nous déplacent… Même les équipements sportifs se sont améliorés pour diminuer les micro-traumatismes.

Un seul point noir dans le monde du travail: Les postes hyperspécialisés, imposant une répétition outrancière des mêmes gestes. Les tendinopathies du travail ressemblent en fait à celles des sportifs, même gestes éternellement répétés… mais disputer une partie avec une machine n’est pas très ludique…

Les agressions existent dans les activités quotidiennes, c’est vrai. Mais le responsable de l’apparition de douleurs chroniques n’est pas là: C’est l’insuffisance de réparation.

Le renouvellement et la cicatrisation de nos « tissus de soutien », os, cartilages, muscles, ligaments, très efficace quand nous sommes jeunes, s’essouffle avec le vieillissement. Nous arrivons à l’âge adulte avec un « capital » d’os, de cartilage, dont le montant dépend pour une bonne part de notre hérédité, pour le reste de nos habitudes physiques et alimentaires dans l’enfance.

Quelles que soient les efforts que nous faisons dans la journée, ce sont surtout les postures statiques qui sont devenues agressives pour nos articulations, à double titre:
-parce qu’elles font porter longtemps les contraintes sur une même zone articulaire
-parce qu’elles stoppent le mouvement articulaire, les alternances de pressions/dépressions qui sont les stimulants mécaniques essentiels pour l’activité du chondrocyte, la cellule ouvrière du cartilage.

Ainsi la bonne hygiène de vie se résume en peu de mots: il faut gigoter !
Bougez, balancez-vous d’un pied sur l’autre, marchez vite, laissez libre court aux tics qui agitent vos jambes en station assise, bondissez sur vos pieds, ne traînez pas ces jambes comme des poteaux en béton, dansez en marchant !

Les appareils vibrants (Power Plate ®…) sont intéressants dans cette idée, mais vous ne les promènerez pas partout avec vous. Faites donc passer quelques manies agitées dans vos habitudes quotidiennes.

Même quand vos douleurs semblent liées à des gestes répétitifs, professionnels, cherchez ailleurs un coupable supplémentaire: le manque d’activités plus libres et variées, parfois parce que le métier vous épuise plus nerveusement que réellement physiquement.

L’exercice physique n’est pas seulement un stimulant de la réparation articulaire. Il développe et entretient les portions de votre cerveau occupées à harmoniser le fonctionnement de toute cette mécanique articulaire, de façon si merveilleusement automatique qu’il vous suffit de penser: « Vas-y, cours ! »

D’où vous écris-je ? De la butte au pied du mont Malawi. Derrière: la péninsule de Nouméa et la lagon calédonien.

Une réflexion sur « Vieillissement articulaire: Trop d’agressions ou manque de réparation ? »

  1. Les gens dits « nerveux » , qui ne restent jamais immobiles, aux douleurs si fréquentes, ne font-ils pas en réalité moins d’arthrose que les autres ? Les médecins sont toujours surpris (découragés ?) du peu de lésions, ou des lésions banales, qui accompagnent les douleurs des « neurotoniques ». Une enquête serait bienvenue.

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