Le patient, le médecin et internet : Bon, brute, truands ?

Le rapport médecin-malade tremble sur ses bases.
On est passé d’une relation expert-candide, où le second affichait clairement son ignorance, à une relation de groupe, physiquement réduit à 2, souvent avec un 3ème larron s’il y a source à polémique…

Mais derrière se profile un groupe bien plus important, parents, amis, et foule grandissante de sites et doctinautes amateurs…
sans parler des contraintes occultes des organismes sociaux.

Le candide, fort de cet appui, est-il moins ignorant? Sans doute.
Mais l’introduction du groupe a quelques revers:
-Certains ont pris beaucoup d’avance sur l’abandon de la conscience de leur ignorance…
-L’empathie, qui fait du médecin et du patient des membres du groupe pas comme les autres, en est réduite.
-Les solutions du groupe sont-elles fiables quand il s’agit de sauver un de ses membres, principal décisionnaire?
Probablement le seraient-elles si le patient ne donnait que des informations, sans participer à la discussion.
Mais lequel d’entre nous est prêt à utiliser la sagesse du groupe de cette façon?

Cette nouvelle dynamique, par sa seule apparition, doit obliger le médecin à se comporter différemment,
déjà en redirigeant sa satisfaction vers le but ultime, l’amélioration de son malade, et moins vers le fait d’en être le seul artisan…
et en se servant de l’effet consensus.
Il ne peut guère entamer un staff ou un forum de discussion à chaque consultation, mais peut améliorer l’adhésion du patient à son protocole de soins en rapprochant les visions du problème.
Fin des décisions brutales.

Davantage d’information est nécessaire -> plutôt en conseiller les sources -éviter les truands- que lever les yeux au ciel à l’évocation d’internet.
Ces progrès finiront par apporter les véritables avantages de la relation de groupe à la consultation:
les bonnes questions, un médecin qui se ré-explique utilement à lui-même ce qu’il est en train de faire…
pour vérifier continuellement que c’est toujours la meilleure solution.

Le médecin a quitté le Panthéon, déserté de toute façon par la plupart des divinités… sauf quelques chanteurs.

Internet: Quel conseiller choisir ?

2 réflexions au sujet de « Le patient, le médecin et internet : Bon, brute, truands ? »

  1. On ne peut découvrir dans un cabinet médical que les grands aiguillages de son état de santé. Même si le médecin prend une heure pour en expliquer les tenants et les aboutissements, la plupart seront oubliées quelques semaines plus tard, ou de nouvelles questions resteront sans réponse. C’est là où interviennent des sites comme Rhumatologie en Pratique.

    Si votre maladie est auto-gérable — hygiène de vie à améliorer, travail sur la personnalité —, consultez les sites internet « traitants » — proposant un auto-diagnostic et un traitement —, encore peu nombreux. Si c’est une maladie incontrôlable — une lésion organique que vous ne pouvez gérer seul —, allez sur les sites d’information pour des fiches détaillées mais standards, et sur les forums pour le réconfort.

  2. Auto-diagnostic et auto-médication : Les deux devraient être encouragés par les médecins, mais pour des raisons différentes :
    -L’auto-médication et l’auto-évaluation d’un traitement comble un vide dans le savoir du médecin : il ne sait pas, à l’aide de ses statistiques, quel sera le bénéfice du traitement chez un patient précis. Celui-ci reste le meilleur évaluateur dans bien des situations. Ses préférences sont essentielles, même si le médecin a d’autres critères pour prescrire — les études scientifiques — et il faut tenter de voir si ces critères sont capables d’influencer les réticents en les expliquant du mieux possible. Chacun ne vit pas avec la même hantise du risque.
    -L’auto-diagnostic peut être également encouragé pour une raison simple : il fait prendre conscience au patient des difficultés de l’exercice, et le rendra plus compréhensif quand surviennent les malheureux mais parfois imparables aléas thérapeutiques. Ceux-ci devraient perdre en sévérité chez des patients formés à l’auto-diagnostic.

    Les inconvénients du « staff » entre le médecin et le patient sur la cas de ce dernier sont d’ordre pratique : La consultation s’éternise, et allonge la file d’attente du médecin déjà bien fournie. Pour éviter la médecine à deux vitesses, avec des patients qui payent davantage pour une consultation mieux personnalisée, la seule solution est l’information gratuite et fiable — indépendante — sur les maladies et les médicaments. Incompréhensible que les agences gouvernementales de santé laissent encore aux intérêts financiers privés la quasi totalité de l’information médicale disponible sur internet.

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