Alain Mic fait des vagues.
L’anecdote: Son père de 102 ans étonné qu’on ait dépensé 100.000€ pour 2 semaines d’hospitalisation et prolongé ainsi une vie sur le point de se terminer.
Sa proposition: Réclamer un tel investissement aux proches plutôt qu’à la solidarité.
Certains lisent tout ceci avec des lunettes en peau de saucisson, se scandalisant qu’une vie soit considérée comme inférieure à une autre, « monstruosité », etc…
Le père d’Alain Mic, parvenu à la sagesse, s’étonne lui-même qu’on ait dépensé une fortune pour le maintenir en vie. Il n’est pas dit dans l’histoire si la procédure avait de grandes chances d’être efficace ou non: c’est pourtant essentiel: Doit-on avoir le même interventionnisme pour un cancéreux terminal ou une pneumonie de bon pronostic avec les antibiotiques?
Mais le révolté par cette histoire n’écoute visiblement pas les autres. Il superpose, pour satisfaire le désir du parfait protecteur, sa vision du monde aux autres, voire la leur impose.
Je m’inquiéterais davantage pour un très vieux qui demande de lui accorder à tout prix quelques mois supplémentaires: Croit-il qu’ils suffiront à découvrir un moyen de partir l’esprit tranquille? La sagesse ne se découvre pas à cet âge, quand les neurones survivants sont surtout accaparés à contrôler dignement les sphincters.
La question, politiquement, devient celle-ci: Dans un budget de santé fermé, qu’aurait-on pu faire d’autre avec 100.000€? Le défaut de moyens induit par cette dépense ne devient-il pas ailleurs un défaut d’assistance plus poignant?
Pourquoi ne pas déclarer « monstrueux » que l’espérance de vie soit différente selon la catégorie socio-professionnelle?
Le nombre d’années perdues est bien plus grave…
« L’injustice » de pouvoir se payer ou non quelques mois ou années de vie supplémentaires
est en réalité un problème insignifiant face à une plus grande question:
La société donne-t-elle les mêmes moyens à tous pour trouver bonheur et sagesse personnelle?
A l’évidence non.
Gérer son bonheur demande de ne pas être soumis à des orages émotionnels permanents.
Nombre d’entre nous semblent ainsi ballotés dans la tempête de leur propre vie,
impuissants devant leurs propres éclats.
La société s’arroge le droit de gérer leur bonheur à leur place.
Ne devrait-elle pas plutôt fournir des parapluies
pour qu’un peu de ces caractères tumultueux reste au sec sous l’orage?
