Le cerveau humain est une pelote de fil
d’où émergent 2 extrémités: La matérielle, à laquelle s’attaquent énergiquement les neuro-biologistes.
La spirituelle, que dévident artistiquement psychologues, sociologues, philosophes et théologiens.
Quand vous avez entrepris le facile labeur d’apprendre la biologie
et la tâche beaucoup plus difficile de reconnaître comment votre esprit se voit lui-même, sans fard…
il reste, au milieu, une zone un peu fouillis à dénouer,
mais se réduit dramatiquement l’espace de liberté.
Vous défendez encore votre droit à l’initiative:
Reconnaissant que même vos émotions influencent votre désir de les contrôler,
vous affirmez que votre entendement peut éduquer ces émotions.
Mais votre raison n’est libre en rien:
Si vous tentez de maîtriser des émotions adolescentes houleuses,
c’est parce que d’autres besoins instinctifs, de sécurité, de calme,
liés entre autres au vieillissement et à la posture sociale différente atteinte,
permettent à votre raison de prendre le contrôle des émotions plus violentes.
D’ailleurs faudrait-il que l’entendement soit indépendant de telles pressions?
Non, car nous ne serions qu’une intelligence vide d’action, incapable de prendre la moindre décision,
comme le montre les sections des voies nerveuses entre les noyaux des émotions et le cortex raisonneur.
En fait, la caractéristique (le problème?) de certains
est qu’ils ont trop pris le contrôle de leurs émotions,
avec une spontanéité et une imprévisibilité qui s’effondre,
un repli marqué sur des routines très intellectualisées.

La conséquence en psychologie appliquée
est de revenir au bon sens de ne chercher à modifier une émotion
que si elle vous cause des ennuis sérieux,
et avec la limite qu’elle ne doit pas être trop centrale dans votre vie,
sinon c’est toute votre vie émotionnelle qui risque de pâlir.
Il est difficile en effet de ne toucher qu’à une seule de ses émotions.
Bon sens et pragmatisme encore chez ceux qui se soucient peu d’une telle introspection,
et plutôt que changer une émotion qui leur est vitale,
changent l’environnement où elle cause des soucis.
Ce n’est pas la raison qui rend l’animal humain adaptable,
mais l’assurance.
En faire gagner ne fut pourtant longtemps qu’un effet secondaire espéré
du démontage entrepris par le psychologues,
auxquels ont affaire les moins adaptables.
Puis les thérapeutiques ont évolué empiriquement,
avec les techniques comportementales et cognitivistes,
vers le renforcement d’assurance,
sans qu’on ait encore précisé ainsi la raison de leur succès,
pour créer des méthodes plus efficaces.