Les semelles orthopédiques sont controversées: Indiquées par exemple dans l’arthrose du genou, les études ne leur trouvent en général guère d’efficacité. Les déceptions de patients ayant investi dans une paire de semelles sur mesure sont nombreuses. Alors? Comment savoir si elles vous sont vraiment utiles?
Il existe 2 types très différents de semelles: les semelles de soutien et les semelles de stimulation.
Les semelles de soutien sont les plus faciles à comprendre:
Grossièrement, elles comblent les creux sous les pieds de façon à mieux répartir les charges: On les utilise pour les douleurs d’appui chez les gens qui sont beaucoup debout, en surpoids, ou avec des zones d’appui restreintes (pied creux).
Simples, elles ne sont pas pour autant les plus satisfaisantes:
-Elles ne remplaceront jamais une bonne perte de poids quand on met trop de kilos sur ses talons tous les jours.
-Si le pied se déforme par une attitude vicieuse ou une insuffisance musculaire, la semelle va plutôt figer les choses et empêcher une auto-rééducation: il sera impossible de s’en passer… si elle est efficace.
Les semelles de stimulation sont plus déroutantes:
Il s’agit de simples surépaisseurs sous des endroits précis du pied, qui modifient les automatismes de posture au repos et à la marche. La plupart des gens ne comprennent pas au premier abord comment des semelles aussi fines et sans relief pourraient bien changer quelque chose à leurs douleurs.
Mais si elles sont théoriquement très intéressantes, ces semelles ne fonctionnent effectivement pas chez tout le monde: Il faut que la personne qui les porte soit mobile et active. Une personne sédentaire, âgée, ou qui piétine beaucoup, n’en verra guère de bénéfice, et devrait utiliser plutôt des semelles de soutien, même si elles sont dites « palliatives », c’est-à-dire qu’elles ne guérissent pas définitivement.
En fait, comme dans la plupart des traitements, les semelles sont efficaces quand elles sont installées avant les troubles ou dès leur début, moins quand des années de gêne se sont inscrites dans la démarche et ont « enterré » le problème.
Ne négligez pas vos pieds
sous prétexte qu’ils sont la plus lointaine de vos extrémités.
Vous puez des pieds? Voici les semelles radicales: efficaces en quelques jours, plus personne ne pourra dorénavant isoler l’odeur de vos pieds…

votre article sur l’utilité des orthèses plantaires est un peu simpliste, car vous occultez les techniques actuelles de prise en charge du pied par thermoformage unipodal recreant les phases d’appuis au sol.
je me permets d’apporter quelques rappels sur le fonctionnement d’un genou: il est vérouillé en extension mais déverouillé dès 15° de flexion c’est à dire que sont axe sagital est sous l’interdépendance de la position du pied.
par exemple si un pied dynamique fonctionne en pronation , il va directement entrainer le genou en dedans par adduction et rotation interne avec des pathologies probables de types syndrome rotulien, tenobursite de la patte d’oie…..
si l’outil therapeutique permet de corriger le dysfontionnement et supprimer la cause dynamique le traitement sera efficace, et c’est le cas aujourd’hui.
je pourrais vous parler des heures du genou qui me passionne, étant podologue biomecanicien .
cherchant d’ailleurs à communiquer sur les résultats obtenus face aux gonalgies (pas toutes!!!), je reste à votre disposition pour d’autres commentaires ou interventions
cordialement
fabien suykerbuyck
Bonjour Fabien,
L’article est volontairement simplifié car il ne s’adresse pas qu’aux professionnels.
Entre le genou et le pied existe… la cheville. Une étude japonaise montre que les semelles valgisantes sont inefficaces seules, tandis qu’elles sont efficaces avec un strapping de la cheville empêchant la valgisation à ce niveau.
Six-month followup of a randomized trial comparing the efficacy of a lateral-wedge insole with subtalar trapping and in-shoe lateral-wedge insole in patients with varus deformity osteoarthritis of the knee, Toda Y et Tsukimura N, Arthr Rheum. 2004;50:3129-36
Le motif de l’article, voyez au début, est de répondre à une déception assez fréquente chez les patients, alors que je suis persuadé que la plupart des podologues font de très bonnes semelles… pas toujours dans la bonne case physiopathologique cependant, comme vous le signalez, selon l’âge et la proprioceptivité des patients (mais comment tout connaître de quelqu’un en 20mn?).
Il existe d’autres techniques auto-rééducatives pour la démarche et des modifications d’hygiène de vie qui peuvent être très efficaces dans la gonarthrose, dont nous parlons dans la partie adhérents du site.
Vous pouvez bien sûr parler des heures du genou…
Si vos doigts courent en même temps sur le clavier, nous profiterons de votre expérience
Bonjour,
Je suis aussi podologue spécialisé en kinépodie. L’approche du pied sur les étages supérieurs est justifiées pour le port de semelles orthopédiques passives à court terme afin de soulager une inflammation. Par contre, il n’est pas justifié de faire porter une semelle de soutien passif en continu juste pour soulager un genou. Les semelles passives ont l’avantage de diminuer la mobilité articulaire dans le but d’obtenir un effet antalgique, malheureusement elles ont aussi l’avantage de déplacer le problème (tjrs sur du long terme) à d’autres niveaux articulaires, sans compter l’insuffisance musculaire occasionnée (ce qui rend dépendant le patient au port des semelles passives à vie si on ne rééduque pas sa musculature).
Concernant la cheville, je suis tout à fait d’accord avec cet article Japonais. La tendance actuelle en kinépodie est d’ajouter des sangles adaptables sur la semelle. L’avantage dans le procédé est d’agir en même temps sur le pied et la cheville. De plus, il est aussi possible de faire varier l’activité de la semelle (passive ou active) sur les différentes zones du pied par l’ajout ou le retrait d’éléments.
Permettez-moi de vous laisser le lien du site qui vous en expliquera un peu plus: http://www.kinepod.com.
Pour ma part, je travaille en collaboration avec un kinésithérapeute aussi spécialisé en kinépodie. Et je peux vous assurer que la rééducation active est bien plus bénéfique que la passive (j’ai pourtant travaillé 15 ans avec le système passif, avant de découvrir la logique d’un bon traitement stimulant qui permet d’autoréguler le patient et de se séparer des semelles totalement ou partiellement selon les cas).
Votre blog est intéressant!
Entièrement d’accord sur l’intérêt de la rééducation active. D’ailleurs les problèmes de pied des sportifs, ampoules cals dérangements et tendinopathies, n’ont rien à voir avec les effondrements plantaires des personnes sédentaires ou debout statiques. La rééducation est malheureusement difficile chez une grande partie de ces dernières. Comme pour les amaigrissements, c’est une philosophie de vie à changer plutôt qu’un « traitement », forcément temporaire, par régime ou rééducation. L’âge et le métier sont des obstacles épineux.
Bonjour,
je suis kinésithérapeute et ça me fait plaisir de vous lire…votre façon de penser coule de source. Je suis aussi un adepte de la kinépodie…malheureusement pas encore assez connu (étant donné le début de la méthode). Je trouve génial que des rhumatologues puissent converser de la sorte! Il est juste regrettable qu’on ait si peu d’échange dans le milieu médical pour échanger nos savoirs et nos points de vue en fonction de nos compétences.
Le peuple est fan de passivité…guérir, obtenir des résultats sans rein faire (qqe soit l’activité) est devenu la clé de la réussite financière des grosses entreprises. Pourtant, je pense qu’il devrait y avoir plus d’avenir dans l’activité et donc une parfaite honnêteté envers nos patients. Mais pour ça, les thérapeutes doivent prendre plus de temps avec les patients pour se justifier….le changement sera difficile!!
Bonjour Messieurs,
Je tiens d’abord à vous remercier pour ce site trés instructif et intéréssant.
Par ailleurs, j’aurais une petite question: les semelles orthopéqiques peuvent-elle être efficace pour un syndrome rotulien afin de recentrer la rotule et dévier le pied légérement à l’intérieur ( quand il s’agit bien evidemment de pied arqué) ?
Bon courage à tous et croyez moi parmi les medecins professionnels qui sont à l’écoute du passion c’est les kinés et les podologues. cette qualité est devenue hélas trés dans d’autres professions de médecine….
Hamza
Merci pour votre réponse
Les semelles ont peu d’effet sur un syndrome rotulien. Déporter les pressions qui s’exercent sur une rotule dépend fondamentalement de la torsion statique du squelette du membre inférieur, difficile à corriger autrement qu’avec la chirurgie après la fin de la croissance, et de la torsion dynamique, qu’il semble beaucoup plus efficace de corriger par des mobilisations de la hanche (action sur l’anteversion du col fémoral) que par des semelles. Ces techniques ostéopathiques sur la hanche sont peu connues et pratiquées. Heureusement la rééducation classique d’étirement de l’axe rotulien soulage la plupart de ces patientes.
je suis kiné, formé aussi en kinépodie,
Je suis tout à fait d’accord avec vous. Même la rééducation en kinésithérapie via travail du vaste interne ne modifie rien mécaniquement. Par contre, j’ai constaté qu’en pratiquant des manipulations orthokinésiques, je soulage les chondropathie rotuliennes par relâchement des tissus et par récupération des mobilités. Dans cette technique, l’orthokinésie, nous levons les adhérences et nous travaillons sur le trajet complet des muscles debout et en mouvement, d’ailleurs c’est actuellement la seule méthode de rééducation dynamique. Ensuite, nous gagnons en amplitude et ce au niveau des pieds et des hanches…ce qui offre une plus grande liberté au genou. Etrangement, j’ai souvent de très bon résultatss