1001 pilules

La vie de fourmi moderne n’est praticable
qu’en la repeignant de belles illusions.
La société traque l’individualité,
rebaptisant les originalités en déviances.

Les porteurs de gènes, nous humains,
deviennent en fait les gènes de cette société,
dont les exemplaires défectueux sont l’objet
d’un sévère écrémage eugénique.
Le grand organisme social est le seul qui poursuit la route de l’évolution
surtout parce que personne n’en a le contrôle.

Etre rouage de cet immense organisme n’a rien d’émoustillant.
L’abondance de drogues réelles et virtuelles
compense insuffisamment les routines quotidiennes
impératives et robotisantes.

Ceux dans le vrai sont finalement, sans doute,
les gens qui s’achètent de belles illusions
chez les marchands de destins mystérieux
qui occupent les friches de la médecine.

Tandis que ceux occupés chez le psychiatre
à détruire leurs derniers lambeaux d’illusions
n’ont pas fini d’avaler ses mille et une pilules.

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