Le temps influence-t-il les douleurs rhumatismales?
La chair de nombreux rhumatisants crie oui
quand la science est incapable de trancher, voire,
quand l’incrédulité médicale devient elle aussi une croyance,
l’absence de preuves se transforme en « c’est peu probable »
ou « c’est très exagéré ».
Il va faire mauvais temps…

Typiquement un jeune médecin hospitalier est interrogé sur le sujet,
regarde son index bibliographique, n’y trouve rien de valide
et ignore le problème.
Son aîné, professeur émérite et vieillissant, qui ressent… intimement
les certitudes qu’il n’a pas trouvé dans ses livres,
se garde bien d’en parler de peur de paraître gâteux à son jeune confrère.
Le terme « rhumatisme » regroupe en langage populaire 2 groupes bien différents de maladies:
-Les rhumatismes inflammatoires (arthrites), possibles à tout âge (dès la naissance),
affections générales de l’organisme touchant entre autres les articulations,
-L’arthrose, ensemble d’affections locales liées au vieillissement articulaire,
chez des personnes en bonne santé par ailleurs.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est l’arthrose et non l’arthrite
qui est nettement influencée par le climat.
Influencée ne veut pas dire déclenchée: c’est la perception des douleurs qui est majorée,
l’état des articulations n’est pas objectivement modifié.
Température, humidité, pression atmosphérique, ensoleillement…
qu’est-ce qui influence les douleurs précisément?
Aucune preuve certaine, mais la « prédiction » du changement de temps par les arthrosiques semble incriminer la pression atmosphérique, qui baisse bien avant l’arrivée du mauvais temps.
Les autres facteurs n’ont pas de variation aussi constante et précoce.
La pression agit-elle directement sur les articulations?
La compression d’une zone sensible diminue la douleur,
mais la force des variations de pression atmosphérique semble bien faible pour expliquer un tel effet.
Il est possible qu’une haute pression déclenche une stimulation de récepteurs cutanés pour un effet inhibiteur de la douleur, comme le fait l’acupuncture, ou qu’il existe un effet neurologique central.
Cette question-là reste posée.
Il existe possiblement d’autres façons dont le temps peut influencer les rhumatismes: modifications locales du magnétisme, de la quantité de charges électriques dans l’air, etc… Aucune donnée fiable pour le moment.
Nietzsche appelait la douleur « son chien ».
Fidèle, indiscrète et effrontée… distrayante aussi quand elle conduit chez le médecin. Il passait sur elle ses accès de mauvaise humeur…
On ne se penche sans doute pas assez sur les méthodes anti-douleur des autres époques.