Douleur vertébrale chronique: Puni pour mauvais comportement

Le facteur d’entretien essentiel d’une douleur vertébrale est moins souvent la gravité des lésions que la façon dont on se comporte avec la douleur.

La douleur a un rôle: avertir qu’une zone est lésée. 2 types:
1) la douleur aiguë indiquant que l’agression est en cours… (retirez ce doigt du feu nom d’un chien !)
2) la douleur sourde et continue traduisant la réparation par l’inflammation tissulaire: laissez l’endroit en paix si possible.

La proprioceptivité est notre aisance à respecter les consignes de la douleur en modifiant notre gestuelle et nos comportements.
Elle est généralement médiocre pour les douleurs vertébrales, pour 2 raisons:

1) La douleur est trop forte proportionnellement aux lésions: Mère Nature nous a collé un réseau très riche de fibres nerveuses autour de la colonne, probablement pour que nous soyons très attentifs à toute lésion dans le secteur, étant donné les structures essentielles qui y sont contenues.
La colonne est moins solide que la boîte crânienne. Nous pouvons ressentir une douleur très vive, fortement lésionnelle, sans réel dégât, parce que l’alignement d’une vertèbre est mauvais et rompt la fluidité de la chaîne articulaire.
Sans lésion sévère, il n’y a pas d’inflammation importante et donc pas de cicatrisation: la douleur, respectée comme celle d’une lésion, perdure… au point souvent de dérégler les mécanismes de contrôle de la douleur, particulièrement chez les personnes dites « nerveuses », qui oublient moins facilement une douleur.

2) La douleur n’est pas au bon endroit: Elle irradie au secteur dont le nerf assure normalement la sensibilité.
Le rôle du nerf est d’avertir qu’une zone est lésée: vous vous cognez la hanche, les terminaisons locales du nerf transmettent l’information et votre cerveau situe correctement la lésion.
Mais si le nerf lui-même est irrité, il transmet le même signal, alors que le territoire dont il a la charge n’est en rien lésé. Votre comportement, s’il est le même, devient inadapté: vous boîtez pour esquiver la douleur de hanche, et ainsi vous surmenez en réalité la source du problème sur la colonne en vous déhanchant anormalement.

Les solutions sont simples, vous les devinez:
1) Il faut être attentif aux majorations et aux diminutions de la douleur et non pas à son intensité continue. Les médecins ne devraient pas être avares d’antalgiques majeurs dans toute douleur vertébrale aiguë débutante (alors qu’ils sont un piège dans les douleurs chroniques).

2) Il faut repérer le point de départ vertébral de sa douleur irradiée, masqué par l’intensité de la gêne à distance, et modifier sa posture en centrant ses mouvements sur cette zone (inflexions avant, arrière, latérales, rotations).

Bien sûr il faut avoir reconnu l’origine vertébrale de la douleur.
Pas facile si c’est une première fois. Les médecins sont mal formés à reconnaître ces troubles de fonctionnement.
D’ailleurs il ne faut pas en faire une obsession: la plupart du temps, le nerf donne une information correcte et on doit rechercher localement la cause de la douleur. L’irradiation vertébrale n’est pas le diagnostic prioritaire.

Malheureusement c’est ainsi que les douleurs traînent et s’installent, vous faisant perdre confiance dans vos sensations.
Améliorez votre proprioceptivité. Pratiquez des exercices physiques sur lesquels vous aurez un excellent contrôle.

Cette entrée a été publiée dans Nouveautés du site. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>