L’essentiel: Quand traiter l’ostéoporose.
Cible: patient et médecin.
Il y a une quinzaine d’années, l’ostéoporose était traitée après les premières complications: fracture du poignet… habituellement peu de séquelles, fracture vertébrale… centimètres perdus définitivement et une colonne qui proteste douloureusement, fracture du col fémoral… bon nombre de patientes n’avaient guère le temps de recevoir un traitement puisqu’elles en décédaient.
Un recul satisfaisant sur des traitements efficaces et une vision préventive
font prescrire à présent les médicaments bien avant les ennuis.
La plupart des personnes traitées le sont sur un critère essentiel:
le résultat de densitométrie osseuse.
Inférieur de 2,5 déviations-standart (DS) par rapport à la moyenne?
Vous êtes porteuse d’une ostéoporose-maladie… et traitée systématiquement.
Entre 1,5 et 2,5 DS, vous êtes « ostéopénique » et traitée… souvent en fonction de votre degré d’inquiétude ou de la pression des vendeurs de pilules sur le médecin, plutôt que des critères médicaux précis.
Les anti-ostéoporotiques, comme tous médicaments, ne sont pas dénués d’effets secondaires potentiels, et sont des traitements au très long cours: En démarrer un n’est pas une décision anodine.
La densitométrie ne renseigne en rien sur la qualité de l’architecture osseuse
ni sur vos qualités physiques générales: souplesse (limitant les contraintes osseuses statiques) ou raideur, propension à éviter les chutes ou à atténuer leurs conséquences, tolérance à un alitement imposé par une fracture et récupération ultérieure.
Tous ces facteurs sont mieux connus de votre médecin habituel que du densitomètre, et tous devront intervenir dans la décision de traiter ou non.
Parfois il sera peut-être plus utile de vous encourager à une remise en forme physique de loisir qu’à rajouter une nouvelle pilule dans un panier déjà bien rempli.
Votre médecin sera également attentif à vos antécédents familiaux de tassements vertébraux et fractures du col, à votre ménopause précoce, à une prise prolongée de corticoïdes, à d’autres maladies qui peuvent vous faire chuter (paralysie, Parkison…)
car ce sont des facteurs de risque indépendants des résultats de la densitométrie.