Le malade important

Cas difficile courant: Le patient souhaite entendre qu’il a une maladie extraordinaire.
Le médecin refuse ce discours parce qu’il n’en pense pas une miette.
Echec thérapeutique.
La compétence livresque du thérapeute n’est pas en cause,
son habileté de soignant si.

Comme le médecin est inondé de travail, il se moque à vrai dire de ce genre d’échec.
Excuses: le temps réclamé par ces patients,
éternité pas mieux rémunérée que la plus preste consultation de rhinite,
et la non-spécialisation psy du praticien.
Il se débat souterrainement avec des motifs moins avoués,
rapports de pouvoir avec des opinions souvent butées chez ces patients,
éthique malmenée: Faut-il raconter sciemment des mensonges au patient?

Sans doute faudrait-il surtout retenir son opinion sincère,
ne pas sauter une étape thérapeutique: La création du lien,
qui va permettre d’interrompre une errance et des agressions
d’examens et de traitements injustifiés dans la jungle
où se sont perdus ces patients aveugles.

Ramener la plainte à son niveau acceptable
aurait un effet positif à vrai dire
… si tous tenaient le même discours que le consultant,
mais le monde est rempli de secouristes amateurs,
d’autres médecins plus compétents (!), plus commerçants?
On trouve toujours celui qui tient le miroir espéré
qui n’est pas le meilleur moyen de sortir de son enfermement.

Attention donc à manier la déclaration frontale avec prudence.
Une sommité médicale peut s’en servir, sa blouse blanche est tellement épaisse
que c’en est une véritable armure.
La vôtre est plus mince. Alors passez au magasin d’armes !
Affichez diplômes, aplomb continental, regard perçant la vérité
au fond des pupilles méfiantes…
A malade important, il faut… médecin impressionnant.

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