Sur le récif de la lombalgie chronique

L’essentiel:
Quelle est l’importance des facteurs psychologiques dans la lombalgie?

L’approche globale corps-esprit est considérée comme essentielle par les thérapeutes dits « holistiques », qui comprennent de nombreuses méthodes. Beaucoup d’ostéopathes, à priori concentrés sur les techniques manuelles, dérivent volontiers vers des « bonus » psychologiques, ne serait-ce que par leur discours qui, s’il n’est pas toujours vérifiable scientifiquement, a un impact mental certain.

Les centres anti-douleur élargissent eux aussi leur « menu » en proposant psychothérapies, hypnose, techniques comportementales, déconditionnement à la douleur et reconditionnement à l’effort…

La critique que l’on peut faire à cette approche serait de faire de la lombalgie commune une affection systématiquement et inéluctablement à double visage, vertébrale mécanique et psychologique.

Echoué sur le récif de la lombalgie chronique?
echoue

Ces prises en charge sont certes un progrès par rapport aux simplistes associations anti-inflammatoires/repos ou aux manipulations à répétition, mais elles ont aussi peu d’échecs complets… que de guérisons franches.

2 phénomènes font échouer les patients sur le récif de la lombalgie chronique:

Le premier est une carence diagnostique et thérapeutique:
On parle encore en 2009 de la « lombalgie commune », elle est enseignée à la prochaine génération de médecins.
14 types de lombosciatiques fort différentes sont définies dans nos articles, avec des traitements diamétralement opposés, de la réactivation de l’effort libre à parfois, encore, le repos tant passé de mode dans la prise en charge globale.
Malheureusement le lombalgique débutant est généralement pris en charge de façon technicienne: le médecin distribue pilules et arrêts de travail, l’ostéopathe remet tout en place, le kiné détend le muscle…
aucun ingénieur sur le chantier pour coordonner une prise en charge globale mécaniste, quand on est encore à un stade de douleurs purement d’origine physique.

Le second phénomène est l’influence inéluctable de la douleur chronique sur le psychisme:
Vous n’êtes pas douillet? Votre douleur n’est pas dans la tête?
Elle le deviendra, quelle que soit votre force de caractère.
Pensez-vous que vous puissiez ignorer bien longtemps ces questions sur votre avenir, ces incertitudes sur ce qu’a pu oublier la médecine, ces conflits naissants avec l’entourage ou le milieu professionnel, ce travail de sape sur votre assurance physique?

Mais ce n’est pas parce qu’il y aura forcément du psy dans votre douleur…
que c’est votre psychisme qui l’a créée
et que c’est à lui qu’il faut s’attaquer.

Comme le temps transforme tout, y compris vos souvenirs, il devient très difficile, même pour les meilleurs spécialistes, de reconnaître le principal obstacle à votre guérison.
Est-il physique, avec un disque qui tente encore de se réparer sans y parvenir?
Est-il pratique, parce que vous n’avez jamais cru au bénéfice des exercices ni pris la peine et le temps de les réaliser?
Est-il roublard, parce que vous êtes payé à l’identique en suspendant un boulot pénible?
Est-il psychologique, parce que sur un banal tour de reins, est venue se réveiller la certitude, assenée il y a longtemps par un parent ou un proche, que vous ne feriez qu’une carrière d’handicapé dans la vie?

Parmi ces fils conducteurs, très rares en fait sont ceux partis de l’esprit.
L’immense majorité des lombalgiques est dans la première catégorie,
discopathie, dérangement vertébral, contraintes agressives parce que statiques…

Est-il judicieux de conseiller une prise en charge psychologique systématique
quand toute l’histoire est partie d’une cause mécanique?
N’est-ce pas dire, finalement, qu’une guérison est impossible, parce que c’est passé dans la tête, et décourager les solutions physiques énergiques?

Dans la lombalgie comme dans les rhumatismes inflammatoires, on court après un traitement efficace toute la durée de la maladie…
parce qu’on est resté contemplatif au départ,
et toutes ces équipes réunies autour de la catastrophe qu’est devenue votre vie…
étaient bien dispersées au début.

Une réflexion sur « Sur le récif de la lombalgie chronique »

  1. Signalons la méthode Mac Kenzie, injustement oubliée jusqu’à présent sur la page rééducation du site, très populaire chez les anglo-saxons pour les douleurs vertébrales et les névralgies d’origine rachidienne.
    Ses principaux avantages: la personnalisation, et les exercices à faire soi-même à domicile -> pas besoin d’une disponibilité prolongée au niveau des horaires de rééducation.
    La France a longtemps ignoré cette discipline, mais à présent de plus en plus de kinés s’y sont formés.
    Site de référence en français

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