Juin 082009
 

L’essentiel:
Du service médical rendu…
Prescrire et Recevoir.

Combien de médecins s’interrogent sur l’intérêt des traitements qu’ils ont pu prescrire par le passé?
Combien d’anti-ostéoporotiques (phosphore, calcitonine), de chimiothérapies, de traitements de fond des connectivites, ont été donnés pendant des années avec un rapport efficacité/risques tellement médiocre qu’on peut douter de la réalité du service au patient.
L’alea thérapeutique sert de voile à peine pudique.
Ne faisons même pas référence au coût, principal critère assené quand on parle de SMR.

Le propos n’est pas de promouvoir l’autoflagellation, mais de reconsidérer les pratiques du même type que nous avons encore aujourd’hui:
anti-arthrosiques dédouanant les obèses (1), antalgiques permanents dans les seuils de la douleur altérés, traitements systématiques des facteurs de risque par un médicament ayant montré un bénéfice modéré… quand ses propres risques n’ont jamais été si bien cernés.

De la même façon qu’un médecin devrait faire un bilan patrimonial annuel, il pourrait, éventuellement à l’aide d’une FMC indépendante, remettre en cause le bien-fondé de ses traitements les plus courants. Pas facile autrement de secouer la programmation.

Pas facile non plus d’éduquer seul les patients au cours d’une journée surchargée.
Pourquoi pas l’aide d’une revue « Recevoir » qui soutiendrait auprès du grand public les médecins abonnés à « Prescrire »?…

(1) Ne serait-il pas plus efficace de dire: « Il n’y a pas de médicament actuellement efficace dans l’arthrose. Vous n’avez pas d’autre alternative que maigrir »?
Quand le médecin doit redevenir manichéen à bon escient…

 Posted by at 12 h 52 min

  One Response to “Lancement de la revue "Recevoir"”

  1. Un débat éthique difficile:

    Un traitement anti-TNF très coûteux (1700€ par mois) stoppe la détérioration articulaire d’un jeune polyarthritique d’autant mieux qu’il est administré précocément…
    …ce qui n’est pas toujours systématique: on privilégie encore les traitements moins coûteux, qui c’est vrai ont une bonne chance de marcher, mais statistiquement moins spectaculairement sur les destructions osseuses. Le critère économique n’est avoué que du bout des lèvres.

    Une chimiothérapie encore plus coûteuse ne prolonge que de quelques mois la vie de patients avec un cancer avancé.

    Délicat de parler de « rentabilité » comparée pour ces 2 traitements.
    Pourtant ils pèsent de plus en plus lourdement sur les dépenses globales,
    et cela ne va que s’accentuer,
    à l’heure proche des micro-robots, des traitements génétiques, des cellules souches, des interventions réparatrices de plus en plus minutieuses et aux indications toujours plus étendues.

    Le déficit du système de santé s’est creusé abyssalement…
    à une époque où la médecine était beaucoup moins performante
    que celle qui s’annonce.

    Nous sommes sauterelles inquiètes et dévoreuses
    plutôt qu’écureuils prévoyants.
    En matière de santé nous avons déjà, en fait, oblitéré l’avenir de nos enfants,
    en faisant peser l’ardoise excessive d’une médecine approximative
    sur une ère qui devait s’annoncer plus radieuse.

    Or nous ressentons clairement, à son approche, une impression de pénurie,
    qui va s’accentuer:
    2 chemins se séparent:
    -soit on continue à rembourser sans souci de « rentabilité »,
    et l’insuffisance du financement solidaire va créer une médecine à 2 vitesses,
    -soit on définit des priorités, voie des anglo-saxons… qui n’ont pas une espérance de vie inférieure à la nôtre, avec parfois un budget de santé inférieur de moitié,
    ce qui laisse imaginer ce qu’on pourrait faire avec le nôtre, mieux ciblé.

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