Mai 212009
 

Un bilan…
mercimerci

La rhumatologie est, avec la psychiatrie, la spécialité la moins codifiée,
tant il est difficile de cerner avec madame Statistique
l’intimité du fonctionnement locomoteur et cérébral de chacun.

Trop de facteurs, trop d’interactions,
la médecine physique ne sait pas encore traiter le chaos,
contrairement à la physique pure qu’elle veut singer.

Les anglo-saxons, plus pragmatiques, ont restreint le champ de la rhumatologie
à sa partie inflammatoire et dégénérative.
Le rachis est officiellement aux mains des ostéopathes.

Les français sont plus dogmatiques.
Mais, quand la science montre ses insuffisances,
quand le couple thérapeute-patient n’aboutit pas régulièrement
à la satisfaction des 2 parties,
se développe une nébuleuse de solutions alternatives,
des paramédecines physiques aux psychothérapies et aux sectes,
univers commun à la rhumato et la psy
car il n’y a pas de frontière définie entre la douleur physique et morale.

Illumination? Bof. J’ai découvert cette réalité plus tôt que d’autres,
au début de mon activité libérale il y a 20 ans.
Cela m’a grandement facilité la vie car j’ai vite travaillé en coopération
avec les non-médecins du secteur, ostéos, étiopathes, chiro…
me méfiant davantage des confrères homéopathes ou acupuncteurs,
qui me semblaient plus charlatans que des guérisseurs sans diplôme,
mais aux mains remarquablement habiles.

Mon activité vite pléthorique (40 actes par jour, je le dis avec honte et non vantardise)
me cantonnait à un rôle de généraliste du squelette,
effectuant lui-même les traitements rapides
et orientant pour les prises en charge physiques.
La fermeture du secteur 2 et le CS à l’époque anémique
rendaient impossible le travail de diagnosticien tel qu’enseigné à l’hôpital,
que dans d’autres spécialités on se rémunère sur les actes techniques
et non l’acte intellectuel.

Les troubles musculo-squelettiques touchant énormément à l’hygiène de vie,
la participation active et comprise du patient est impérative.
Au début c’était naturel et facile: En expliquant au patient
quelques bases anatomiques utiles, je profitais du vieil avantage
de l’enseignant qui vérifie sa propre cohérence.

Mais à 40 actes par jour on devient vite un magnétophone
dont la bande est trop courte,
et qui laisse une trace trop peu profonde dans les esprits.

C’est en voyant une enquête sur l’impact quasi nul
des fiches d’aide au patient distribuées par les labos
que je me suis demandé sérieusement ce qu’il restait de mon propre discours
chez des patients parfois trop polis pour dire qu’ils n’ont rien compris,
parfois trop perdus pour se souvenir…
d’avoir une mémoire incertaine.

C’est le point de départ du site,
associé à une présence nette de l’électronique et de l’informatique dans mes loisirs
depuis mon premier Sinclair ZX Spectrum !
J’avais créé dès 1987 un programme de gestion du cabinet médical très complet,
sur Hypercard, capable de sortir la 2035 d’un seul clic de bouton,
avec même un module de diagnostic automatique
qui classait les diagnostics par ordre de pertinence en fonction
de la sensibilité et de la spécificité des signes rencontrés,
bien pratique pour le large éventail des maladies immunitaires.

Le corps du site naît pendant 1 mois de vacances.
Vint le dilemme qu’ont du affronter la plupart des médecins webmasters,
du moins ceux qui ne sont pas salariés pendant le travail sur leur site
et qui ont réellement besoin de leur activité libérale pour vivre:

Faut-il accepter l’envahissement des loisirs pour garder un site vivant et à jour,
ou le laisser à l’abandon, tel la 1ère édition d’un beau mais vieux bouquin
que les lecteurs feuillettent de moins en moins?

Autre option: Rendre le site suffisamment rentable
pour y consacrer des heures de réel travail.
J’étais sceptique: Très difficile de trouver cette rentabilité
sans y perdre son indépendance.
Seuls financiers généreux: les commerçants,
qu’il s’agisse de l’industrie pharmaceutique, des marchands internet.
L’administration est trop figée, les internautes trop habitués à la gratuité.
Impossible, sauf à se vendre, d’espérer même approcher
la rentabilité des heures de consultation,
que je pouvais augmenter plus utilement… si je me découvrais inopinément
une passion pour les Porsches ou les casinos !

J’ai créé une section adhérents payante, sans trop y croire,
parce que je ne voulais ni ne pouvais proposer
ce que les internautes désirent avant tout: La consultation en ligne.
Je n’ai pas mis l’énergie nécessaire à faire d’emblée du site payant
quelque chose d’enthousiasmant pour l’adhésion.
Il aurait fallu un intense travail commercial et publicitaire
pour qu’il trouve le public nécessaire,
peu compatible avec son esprit… et avec ma flemme.

Mes motivations fort peu commerciales n’empêchèrent pas un « confrère »
de me dénoncer à l’Ordre pour « activité lucrative incompatible avec la déontologie ».
Je ne vous lasserai pas en détaillant cette histoire,
mais j’ai depuis créé une asso loi 1901, VINCRE, désormais en charge du site.

De peu nombreux au début, les adhérents se sont multipliés
(presqu’un par jour) au fur et à mesure que les internautes sont devenus
moins répugnants à dépenser quelques euros sur le web.
Je ne détaille pas les retours mais sachez que je n’ai jamais eu d’adhérent déçu…
au point de me le faire savoir!
J’aurais vite abandonné la formule dans le cas contraire.

Le montage est satisfaisant car j’assure aux adhérents que mon information
est libre de tout pression corporative, y compris des HAAS
(Hautes Autorités Angéliques de la Santé), qui devraient être les plus objectives
mais qui tracent quand même des clous à un endroit discutable,
quand par exemple elles occultent
les études sur le tabac associé à une réduction du risque d’Alzheimer,
estimant que la populace n’est pas capable de faire la part des choses.

Dans le cadre des autres médecins webmasters je suis favorable à une adhésion commune
avec ceux qui souhaitent proposer un contenu de qualité
aux internautes à la recherche d’une information pratique éprouvée par l’expérience,
sinon toujours par les données de l’Evidence Based Medecine, fort incomplètes,
et sans idée de promotion personnelle.

Pourquoi fais-je partie des MMT (Médecins Maîtres-Toile)?

Pas tellement pour figurer sur la page de liens:
Pas pour faire du gringue à Guignol, pardon à Google…
Mais je suis trop vache avec GG, qui après tout ne fait que refléter
la maturité du public et des acteurs du web.
Elle est croissante et je suis persuadé que le contenu
prendra de plus en plus la pas sur les artifices de webmaster.

N’y voyez pas l’envie de rayer le MT des MMT:
Je le crois important pour que soyons tous à jour
des évolutions technologiques du web, pour que nous puissions converger
vers une ergonomie satisfaisante,
voire innovante dans le domaine de la santé,
qui soit un peu notre marque de fabrique.

Mais le MT reste un outil, le Marteau et les Trous
pour fixer le panneau M majuscule,
empli du contenu médical, Majeur devant l’outil.

 Posted by at 14 h 47 min

  6 Responses to “Rhumatologie en Pratique a 8 ans”

  1. Bonjour,

    J’aime beaucoup votre site et y puise souvent des information super iintéreessantes en tant que malade.
    Je vous félicite pour votre idée et surtout votre travail.
    J’aurai aimé adhérer, malheureusement je suis en arrêt maladie et mon seul revenu vient de mes indemnités journalières, 10 euros par jour. Si ma situation s’améliore, et si la dépression décide de me laisser un peu plus de temps supplémentaire sur cette terre, je m’inscrirai comme membre. Merci et bonne continuation.

  2. Bonjour,

    Je voudrais aussi apporter mon soutien.
    Je souffre d’une instabilité vertébrale depuis 3 ans et grace à vous je peux maintenant mieux supporter et gérer ce problème.

    Si je compte le temps et l’argent que j’ai dépensé en voyant d’autres praticiens ces dernieres années et sans résultat…
    Et bien il n’y a pas photo: j’ai appris beaucoup plus de choses avec votre site et surtout j’ai amélioré mon état de santé.
    Encore merci

  3. Bravo. Je m’étais lancé dans cette aventure en 85/87 avec le Minitel et le soutien de Pfizer … Renoncé. Trop de cons.
    Parallèlement, j’ai poursuivi et ‘rattrapé’ mes études de psychiatrie … Je suis maintenant à un an de la retraite, PH temps plein 13 ème et dernier échelon et la dérive de la médecine – comptabilité (je suis DIM) me fait « chier » un maximum. Bon courage.
    S. SCAPA

  4. Merci pour votre approche très « ouverte » et pertinente du SPID…
    Le seul bémol est qu’il ne s’agit pas d’une « maladie » mais d’un « syndrome ». Le patient a
    besoin (légitime) d’une reconnaissance de sa souffrance par le biais d’une institutionnalisation de la « maladie fibromyalgique », et je le comprend, mais l’enfermer dans une « maladie que l’on ne peut guérir » n’est-ce pas limiter ses possibilités d’une réelle autonomie tel que vous le préconisez . L’expérience que j’ai dans ce domaine me pense à croire que par delà les centres « anti-douleur » et spécialiste de la pompe à morphine il serait souhaitable d’ouvrir des centres d’accueil de la souffrance….

  5. Et bien voici le premier message de 2012 il me semble !
    Pas mal du tout votre site, merci pour la qualité des informations, la clarté avec laquelle elles sont énoncées, bref avec votre humour en prime, c’est parfait. J’y ai trouvé exactement ce que je cherchai, de quoi mieux analyser mes pb. mécaniques m’offrant en cela la possibilité d’être plus claire en consultation.
    Bon, alors bonne Année 2012, et surtout ne lâchez rien !

  6. dès ma première navigation sur votre site j’ai été ravi par le ton et la qualité des divers contenus.
    D’où mon adhésion immédiate……
    Dommage qu’il n’y ait pas d’imitation dans les autres disciplines médicales…..

    Un M.G. retraité.

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