Mai 172009
 

L’essentiel:
De la Révolution au visage de la médecine française et à ses difficultés d’évolution.

Les révolutionnaires arrivés à la tête du pays après 1789 sont fortement anti-cléricaux.
Or la médecine populaire de l’époque est entre les mains du clergé: Ce sont les hospices qui servent d’hôpitaux et les soeurs sont les infirmières.
Parmi les réformes entreprises dans la fièvre, celle de déposséder l’église de sa gestion du système de santé par défaut n’est pas des plus heureuses: Les hôpitaux ne s’inventent pas du jour au lendemain. Se faire soigner l’affection la plus bénigne devint rapidement une telle gageure, et le mécontentement grossit dans de telles proportions, jusqu’aux émeutes, que les communards prirent peur et abandonnèrent toute vélléité de contrôle sur la santé, la rendant pour de nombreuses générations aux initiatives charitables et privées… et surtout aux médecins eux-mêmes.

Ce fut la belle époque de la médecine libérale et de l’autocratisme hospitalier des mandarins, qui dura jusqu’après la création après-guerre de la sécu, dont l’objectif n’était pas de bouleverser la direction, mais de faire profiter à tous d’un système qui, à l’époque, ne fonctionnait pas si mal et a gagné la réputation d’un des meilleurs au monde pour l’utilisateur final.

Le soin a changé.
Sur un point insidieux, mais qui transforme le rapport médecin-patient:

Au siècle dernier, le médecin consulte un malade, et tâche d’en faire un guéri. Peu importe son état 3 ans plus tard, sa durée de vie finale… le service est apprécié, et rémunéré, pour ses effets immédiats. Le médecin n’a guère à justifier son dû, même s’il utilise beaucoup l’esbrouffe et le placebo, mais dont l’effet est rapide: c’est le plus important: le service est évalué immédiatement.
Et puis les fournitures ne coûtent pas cher. C’est la seule appréciation par le médecin de la valeur de son temps et de son habileté, qui fait le chiffre de la facture.

Au XXIème siècle, il y a de moins de moins de malades dans les cabinets. Mais il y a du monde, tout le monde même !
Car tout le monde a un risque. C’est très fort ! L’industrie de la santé a réussi à transformer en clientèle la population entière.
Certains se demandent encore quel est ce tour de passe-passe, qui les contraint à se retrouver tous les trimestres le bras comprimé d’un vigoureux coup de poire, la veine transpercée, l’estérol qui chol pas, et le régime chamboulé, alors qu’ils se sentent en parfaite santé.

Ils ignorent qu’ils ne sont plus des individus, mais les membres d’un groupe, dont l’habitus est désormais défini par l’Institutrice Statistik, elle-même sous le charme de son éminence grise, Firmin Pharmaceutik.

Mais revenons au médecin, qui croit toujours faire le même boulot qu’Hippocrate, mais en fait sert surtout à maintenir son monde dans les clous.
Le patient pense, mais ne dit pas:
« OK vous faites le gendarme, c’est votre boulot. Mais moi, mes sous, je préférerais les garder pour quand j’ai un vrai problème, et avoir les meilleurs soins. Demandez donc à notre mère l’Etat de vous régler votre temps si bien rempli… et si rétréci quand j’ai besoin de vous parler. »

Ai-je un problème avec la médecine prédictive?
Sûrement avec ses côtés infantilisants…
mais ce n’est pas le sujet sur lequel je voulais vous faire perdre un peu de temps.
Mon propos est de souligner la divergence de la pratique médicale, à la fois de ce que les patients et les économistes en attendent.
Nos tâches ne sont plus les mêmes. Le paiement à l’acte est toujours adapté à certaines, mais plus à d’autres. Le médecin a délégué une partie libérale de son activité à l’Etat-providence quand le patient a aliéné une partie de sa liberté à ce même Etat tout-puissant…
Tout-puissant, mais enchaîné aux craintes populaires, entretenues par une grande partie de l’industrie de la santé: Tout ce petit monde interagit et ne peut avancer qu’ensemble.

Les médecins décidés à ne pas quitter le XXè siècle risquent de finir leur carrière désabusés.

Voudriez-vous m’aider à continuer cette Histoire de la Santé?

 Posted by at 15 h 34 min

  One Response to “Petite histoire de la médecine française… à finir !”

  1. Trop difficile ! Mettons-nous plutôt d’accord sur une ligne de fuite…

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