La rhumatologie du Moyen-Age… en 2009

Tandis que la rhumatologie française est sortie de l’ornière
sur les maladies « de système » (polyarthrites, lupus, spondylarthrites…),
avec des progrès thérapeutiques qui transforment le confort et le pronostic des patients,
les pathologies mécaniques, pourtant les plus courantes,
traînent encore dans leur Moyen-Age.

Ainsi la Revue du Rhumatisme sort un n° spécial
sur la cervicalgie « commune ».
Votre mal de cou quel qu’il soit, aigu ou chronique,
permanent intermittent ou postural,
lié à un incident, un accident ou votre profession habituelle,
sera classé dans la vaste rubrique du « commun ».
…et les traitements testés pareillement chez tout ce petit monde.

La rhumatologie vertébrale dans son bastion ultra-moderne

Abandonnée la méthode de Claude Bernard,
qui affinait les cases diagnostiques,
pour tenter d’y découvrir des maladies et des traitements ciblés.
Ici le médecin n’a trouvé que de mauvais outils:
signes cliniques peu reproductibles, index fonctionnels grossiers,
examens complémentaires non contributifs,
tests dynamiques embryonnaires.

Ayant envoyé dans la basse-fosse les techniques manuelles
à cause des déviances théoriques de leurs promoteurs ostéopathes,
le praticien n’a pas le sens du toucher
qui lui permettrait de reproduire et d’enseigner sur le rachis
avec la précision qui règne sur épaule ou genou.

Au lieu de critiquer et modifier les outils,
on préfère dire que ces cases n’existent pas,
retour à une ère pré-galiléenne,
fleurant même l’inquisition quand cette ligne prévaut au tribunal
-le médecin, pas mieux qu’un autre, ne sait avouer son ignorance-
et fabriquant des associations de victimes remontées.

Tandis que dans la vie réelle seuls les cervicalgiques les plus polis
continuent à aller voir le médecin en première intention…
Moche de voir un pan entier de la médecine
tenir par le corporatisme plutôt que la science.

4 réflexions au sujet de « La rhumatologie du Moyen-Age… en 2009 »

  1. Il existe bien sûr bien des médecins qui s’intéressent au rachis
    et en gagnent une bonne expérience,
    mais ils ne publient pas
    ou ne sont pas lus au niveau décisionnel nécessaire.
    Notons également qu’en ces temps de déficit abyssal du système de santé,
    cela arrange bien le ministère
    que les disciplines ostéopathiques ne soient pas validées.
    Quand officiellement rien n’a fait ses preuves sur la cervicalgie commune,
    il n’y a rien à rembourser.

  2. je suis moi-même un vieux rhumatologue cervicalgique qui doit aller voir mon ostéopathe la nuit, en tenue camouflée et barbe postiche, par des chemins détournés de préférence mal éclairés et avec une fausse carte d’identité.

  3. remboursement ou accord « FDA » = etude stastique = bcp d’pognon = indistrie pharmaceutique donc néccésitée de faire du pognon pour susciter leur sus-dits intérets….
    pourquoi? parce que les regles du jeu de faire une médecine omnipotente et cartésienne à l’ extreme limite .
    La solution est maintenant politique à echelon international d accepter le fait qu’ un traitement soit efficace sans prouver son éfficacité par A+B …. car c est impossible statistiquement de démontrer l’ éfficacité d une technique manuelle donc à variance intra individuelle (…) sur un résultat à forte tendance subjective…

    1. Il ne faut pas abandonner l’idée de démontrer l’efficacité des techniques manuelles, sous peine d’abandonner patients comme thérapeutes à leurs convictions personnelles plutôt qu’à leur objectivité.
      Mais la méthodologie et ses objectifs sont à repenser, par exemple par des études centrées sur l’opérateur, sur le profil du patient, sa satisfaction, en affinant les tableaux cliniques étudiés.

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