Août 212008
 

L’essentiel:
Les 3 stades d’évolution du patient:
1) Le Malade
2) L’Impatient
3) L’Analyste

Je suis désolée, Docteur, mais une fois de plus je ne suis pas d’accord…

1) Le Malade: plainte, questions, inquiétude. La pensée du malade gravite très proche de la maladie. Difficile de prendre du recul.
C’est le satellite de basse altitude, que le symptôme incompris fait dévier de trajectoire et plonger dans la Mer des Angoisses.

2) L’Impatient (ou Client): est dans une position plus stable. Les incertitudes initiales sont un peu estompées. Il considère le thérapeute comme un prestataire de services, qui doit faire son boulot: le guérir. Un retard lui fera chercher un autre fournisseur.
C’est la navette spatiale handicapée par un incident technique, qui cherche le chantier capable des réparations les plus rapides et les moins coûteuses.

3) L’Analyste: est bien engagé dans la compréhension de la maladie. Il participe activement dans le choix et la réalisation du traitement. Il en reconnaît les incertitudes. Il peut influencer la balance bénéfice/risque.
C’est le vaisseau spatial qui atterrit chez son garagiste habituel, confiant, et met avec lui les mains dans le cambouis, pour trouver plus sûrement l’origine de la panne.

Certaines personnes évoluent à travers ces 3 stades,
mais la plupart sont bloquées à une étape.
Pas forcément un inconvénient si on n’a pas les moyens de les franchir.

En théorie le médecin doit savoir s’adapter à ces présentations:
-autoritaire et rassurant pour le Malade
-doué en techniques rapides (ordonnances bien remplies, manipulations…) pour le Client. Le profil commercial fait recette.
-disponible, explicatif, autocritique, pour l’Analyste.

En pratique le thérapeute fait difficilement des switchs de personnalité
-> c’est le patient qui fixe son choix en fonction de notre profil,
nous avons des clientèles qui nous ressemblent,
le numerus clausus des médecins les étoffent déjà beaucoup,
et ne rend pas nécessaire de plaire à tous,
inconvénient quand certains se sont juchés sur un piédestal
sans l’avoir vraiment mérité.

Dans l’autre sens, le thérapeute peut tenter
d’aider son patient à franchir les stades.
Pas de valorisation malheureusement à être éducateur de santé.
C’est un sacerdoce, pour certains une stupidité:
Rendre le patient indépendant nuit au petit commerce…
et peut compliquer beaucoup les consultations quotidiennes:

Parmi les Analystes en effet, 2 sous-catégories:
-Celui qui veut participer, n’y connaît pas grand-chose, mais pense le contraire -> il va négocier la direction du traitement d’une façon qui n’est pas forcément la meilleure. En fait c’est la situation la plus difficile à gérer et la plus coûteuse en temps pour le médecin.
-Celui qui se fait expliquer, fait confiance mais encourage le médecin à justifier des points litigieux, et influence ainsi positivement la prise en charge, car le thérapeute ne détient pas toujours la vérité.
C’est le vrai stade ultime d’une bonne relation médecin-patient.

Sur une idée de Brigitte Rubbers

  One Response to “Quel patient êtes-vous? Quels patients soignez-vous?”

  1. L’éducation de santé est difficile à l’échelon individuel.
    Le thérapeute administre une dose de compréhension,
    ce qu’il en reste une semaine plus tard est incertain.

    Je pense à des gens éblouissants de didactisme, de charisme,
    mais qui ont tellement dit en si peu de temps
    que le seul souvenir assuré
    est celui d’une consultation géniale.

    Il est préférable de laisser chacun ingurgiter à son rythme.
    C’était l’idée fondatrice de Rhumatologie en Pratique.

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