Cancer (1): Du relationnel…

2 critiques des patients et familles:
-manque de sincérité
-défaut d’empathie
Des médecins pensent se voir reprocher leur sincérité
alors que c’est la froideur de leur discours qui est en cause.
Un vrai problème par contre: Patient et famille qui cherchent un coupable,
ayant de maigres capacités d’adaptation à l’imprévu.
Le médecin ne doit pas prendre comme critique personnelle
un mauvais défoulement, effet d’une vie brisée.


Il est difficile pour un médecin de déborder d’empathie à chacune de ses consultations.
Tous finissent par s’anesthésier
et considérer la maladie comme quelque chose de banal,
en déphasage avec le malade,
d’autant plus vite qu’ils ne voient que des affections sévères.
Certains font l’effort de montrer constamment une bonne empathie,
discipline mentale stricte
fondée sur une religion du métier et le respect de la personne humaine.
Cette sollicitude a de meilleures chances de rester authentique
si le médecin voit des maladies de gravité très variable,
est encore capable de s’émouvoir des plus sévères.

Ainsi la place du cancérologue est imprécise.
Il n’est pas souhaitable qu’il soit généraliste du cancer:
difficile de fournir avec constance cette empathie réclamée et nécessaire.
Si par contre il est technicien du cancer,
sa fonction recoupe celle des spécialistes d’organe, pneumo, gastro, gynéco, urologues,
déjà incontournables pour les actes interventionnels,
et qui pourraient prendre en charge le suivi
de la modeste fraction de leur clientèle atteinte de cancer,
tandis que les stades évolués ou de très mauvais pronostic d’emblée
relèvent du généraliste
d’un projet de soins palliatifs construit avec une personne connue,
plutôt que défausser le malade vers le cancérologue
comme on mettrait du matériel usé et gênant au débarras.

Fréquemment la place du cancérologue
s’ouvre sur un contentieux entre le médecin traitant et le malade:
« N’ai-je pas eu un retard de diagnostic?
N’aurait-on pas pu me sauver si j’en avais vu un autre? »
La relation en est parfois viciée sans espoir de retour.
Mais comme dans tout conflit de couple,
pesez le pour et le contre d’un abandon.
Le cancérologue ne remplace pas un médecin traitant.
Un autre généraliste peut manquer d’enthousiasme à recevoir un inconnu
avec une charge aussi lourde et dévoreuse de temps.
Le premier, suspecté de négligence, peut vouloir regagner la confiance
en donnant de son temps,
mais peut aussi surcompenser avec un excès d’examens et de traitements inutiles.
En pratique la prise en charge devient celle d’une équipe,
avec comme porte-parole
le meilleur contact plutôt que le technicien.

Une réflexion sur « Cancer (1): Du relationnel… »

Répondre à admin Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *