Epouvantail effrayant pour l’Ordre des Médecins: la consultation par internet.
Des réticences justifiées: Sans examen clinique, sans contact étroit avec le patient, bien des erreurs sont possibles (n’existeraient-elles pas dans un cabinet médical?).
Rhumatologie en Pratique n’en fait pas la promotion.
Des réticences moins avouables: Conservation d’un monopole… souci essentiellement des incompétents.
Pourtant la consultation virtuelle n’a aucune chance de sortir de la marginalité.
La majorité des demandeurs souhaite un avis spécialisé.
Le spécialiste gagne 30 € pour 15 à 30 mn de consultation en moyenne, en réalité davantage avec les actes techniques engendrés.
Les médecins ne cherchant guère de travail supplémentaire (sauf les moins compétents),
Seule une rémunération au moins équivalente les motiverait pour internet.
Répondre à un mail détaillé demande du temps, presqu’autant qu’une consultation.
Combien accepteront de payer 30€ au minimum pour un avis ponctuel, non remboursé?
Le monopole a encore de beaux jours devant lui, grâce à Madame Sécu.
Raisonnement spécieux: et si par hasard (c’est juste une hypothèse) il y avait des médecins qui acceptaient de passer du temps sur des cas (sur la toile) sans rémunération équivalente à celle d’une consultation dans leur cabinet… voire sans rémunération du tout ? Vous n’avez pas envisagé ce cas de figure : serait-ce qu’il ne saurait se produire dans la profession ? Hélène Larrivé
PS Au cas où il se produirait, il y aurait peut-être en effet, soit concurrence déloyale avec les médecins-cabinet qui verraient leur salle d’attente se désembouteiller… soit à mon sens plutôt un avantage (j’entends pour le patient au départ): après information et débroussaillage de son propre cas, il pourrait aider le médecin qui le soigne, un travail d’équipe indispensable. Le risque : le généraliste sera peut-être shunté par le patient informé qui ira directement là où il faut aller en effet. Autre risque : le médecon incompétent sera plus facilement démasqué. En est-ce vraiment un ? J’ai eu une douleur intense ds la fesse après un effort (ms pas tt de suite), diagnostic du toubib mal réveillé aux urgences d’un petit hôpital de campagne, au français incertain : « sciatique », cause, car j’ai eu le mauvais goût d’insister: « la vieillerie » … mais « cause déclenchante tout de même? »… Baste, il était déjà parti après avoir demandé à l’infirmier de me donner un calmant et fait une ordonnance. Soit. Il ne m’avais ni regardée, ni même touchée, ni interrogée. Le généraliste ensuite idem. Bon, je ne vais pas vous faire languir, le suspense est insoutenable: c’était une cruralgie (OK ça y ressemble), reliée entre autre à une jambe plus courte (ou plus longue, comme on veut) que l’autre, à de la marche intensive dans un chemin accidenté, etc… sans doute aussi à un psoas un peu trop développé (j’ai fait de la danse classique) et une mauvaise posture depuis toujours pour compenser. J’ai en fait toujours eu un peu mal dans la fesse après une station debout trop longue ou une marche soutenue, sans y attacher beaucoup d’importance. Je ne comprends pas comment je suis passée à côté de ça (ça se voit de manière évidente même si je ne boîte pas): si je me mets en appui sur la jambe droite, je suis à 1m 63, et si je change d’appui, me voilà descendue à 1m 62 ! ni surtout comment ils sont eux aussi passés à côté. C’est en surfant (je ne pouvais rien faire d’autre) que je l’ai vu. J’ai depuis consulté avec cette donnée et une ostéopathe m’a plus ou moins bricolée: ça va mieux. Sans le net, macache !
Donc merci à ces sites et au vôtre, que je souhaite gratuits pour qu’ils puissent servir à tous; rétorquer que le prix en vaut la peine si on compare avec… bla bla bla… est un argument de commercial : ce n’est pas parce que le marché de la douleur est lucratif pour des charlatants, (naturopathes, magnétiseurs, truc thérapeutes etc…) et des non charlatants (car il y en a aussi parmi eux tout comme il y a des charlatants parmi les médecins, moins c’est vrai car ils ont fait des études qui en principe les forment et, pour reprendre votre argument, n’ont pas besoin de « ça » pour vivre) qu’il faut que des médecins s’alignent sur les premiers et usent des mêmes arguments.
Bien à vous. Hélène Larrivé
Faire du soin son métier est un univers différent, très difficile à appréhender quand on est préoccupé par ses problèmes personnels.
Penser par exemple qu’un médecin, déjà soumis à un défilé de problèmes quotidiens, ait envie d’en faire ses loisirs…?
Qu’en plus, très compétent et déjà loué par sa patientèle, il cherche gloire et reconnaissance par la consultation bénévole sur internet…?
Cela pourrait intéresser les retraités, ce sont d’ailleurs les plus présents sur les forums et le phénomène va s’amplifier.
Rectifier les erreurs médicales:
Erreurs: rares… Manque de détail dans le diagnostic: fréquent. Ce n’est pas aux urgences que l’on aura des explications détaillées ou un traitement de confort développé.
Tant que l’on ne peut pas examiner les gens sur internet, il y aura sur ce média des erreurs plus fréquentes que dans un cabinet médical. La télémédecine ne concerne que des questions techniques, pas cliniques.
Se renseigner sur internet:
est très utile quand les problèmes demandent une participation importante du malade: Typiquement les douleurs ostéo-articulaires sont très corrélées à l’hygiène de vie physique -> c’est la motivation du site Rhumatologie en Pratique.
Par contre dans d’autres spécialités et quand les malades ont juste à subir le traitement, il vaut sans doute mieux, pour la plupart d’entre eux, limiter leur savoir. A ne pas respecter ce principe, la maladie est devenue l’univers de nombreuses personnes pas forcément en mauvaise santé physique.
La bonne santé est un ressenti pour un individu, pas un objectif. L’objectif est pour le technocrate de la santé.
Enfin, Hélène, une douleur intense de la fesse est bien une sciatique (la cruralgie prend le devant de la cuisse),
la majorité des gens ont une inégalité de longueur des jambes, pouvant atteindre couramment 1 cm, et n’en souffrent pas,
vous avez eu raison de voir un ostéopathe parce que les urgentistes et les généralistes sont bien formés à la prise en charge de la douleur aiguë mais pas au traitement physique ostéo-articulaire,
mais il ne faut pas toujours accorder une foi aveugle à ce que vous entendez chez l’ostéo
qui a ses croyances particulières, qui génèrent d’ailleurs des antagonismes sévères entre ostéopathes,
mais ne l’empêchent pas d’avoir souvent de bonnes techniques adaptées à votre situation.