Les monopoles tombent…

Succès de m’dame Liberté? Il y a des paradoxes:
Cela signifie des entraves pour la grande industrie.
Pour d’autres monopoles,
ce sont les entraves qu’il faut lever.

Le pharmacien face au compétiteur Internet
competition

Le succès sur la productivité commerciale
incite à appliquer la méthode à tous les secteurs.
Favorisés par un monopole? Méfiez-vous.
Si vous coûtez cher, les gestionnaires de cet argent chercheront un prestataire au meilleur rapport qualité/prix.

Les notaires ne sont encore concernés,
ce n’est pas l’Etat mais le petit consommateur, mal organisé, qui paie l’envolée des prix immobiliers.

Les pharmaciens sont en pleine ligne de mire.
Patients mieux informés. Ordonnances sécurisées. La distribution directe des médicaments semble promise à un bel essor, comme le pensent déjà les allemands.
Le rôle du pharmacien se recentre sur le conseil dans le petit risque, où les malades ne vont pas voir le médecin.
Dans cette optique, le déremboursement de nombreux produits est plus salvateur pour les pharmacies qu’on pourrait le croire (1).
La profession devrait se regrouper et investir sans tarder le marché de la distribution sur le web, car le conseiller n’est pas toujours celui chez qui on se fournit ou l’on retourne se fournir, comme l’a compris la FNAC…

Les médecins ne seront pas épargnés.
Le numerus clausus les a sauvés des récents bouleversements de société.
Quel serait leur chiffre d’affaire si le monopole de la prescription tombait?
S’il était partagé par un nombre non fixé de prescripteurs?
Si les médecins n’étaient pas en réalité salariés de la sécu?
Si l’employeur favorisait l’implantation de médecins moins coûteux en ville comme elle l’a fait à l’hôpital?
Si les libéraux abandonnaient le conventionnement et devaient, pour toucher des honoraires déremboursés, montrer autant d’efficacité immédiate que des ostéopathes?

Trop dur?
Dans les 10 premiers motifs de consultation d’un généraliste, qui totalisent plus de 90% de son activité quotidienne, on retrouve:
-les viroses hivernales, dont la majorité peut être prise en charge directement par la famille avec une page de conseils simples,
-le renouvellement de médicaments pour l’hypertension, mesure de tension pourtant plus fiable quand elle est auto-effectuée au repos à domicile, mais l’ordonnance, encore souvent, ne dure pas plus d’un mois…
-les douleurs ostéo-articulaires, qui n’échappent pas complètement au généraliste parce que sa consultation, ses anti-inflammatoires et ses ordonnances de rééducation sont remboursées.
Etc…

Même le rôle central, diagnosticien, est menacé par l’apparition des « doctinautes » et de l’immense bibliographie disponible sur internet, au point que le médecin voit de plus en plus régulièrement des patients avertis au préalable de ce qu’il leur faut, voire insistant sur la liste des examens à pratiquer…

Ce qui sauve le médecin n’est pas le monopole,
mais le système chaotique que représente chaque individu et sa maladie, avec la difficulté d’accompagner chacun de ces systèmes uniques dans la jungle de la santé.

Avertissement donné à ceux qui vivent essentiellement du monopole.
L’amélioration constante de l’expertise est nécessaire
pour rester un conseiller recherché….
même s’il est coûteux.

(1) Le patient va-t-il, lui, s’y retrouver?
Pas sûr, le déremboursement augmentant les marges sur des volumes de vente plus réduits, les malades vont acheter cher des médicaments à SMR (Service Médical Rendu) faible,
une frontière floue avec la cosmétologie…

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