Spectres orwelliens

Un immense défi attend la société humaine:
Sauver le monde réel.

Performance, productivité, slalom entre les écueils de tentations vicieuses,
il est de plus en plus difficile de plaire à ses parents,
dont les critères d’éducation se recentrent sur l’adaptation de leur progéniture aux contraintes matérielles,
et il est de plus en plus difficile d’être parent,
avec des émotions handicapantes si l’on veut mettre en avant la nécessité matérielle.

D’un côté la pression du réel est croissante,
de l’autre la virtualisation s’améliore à une vitesse terrifiante,
compromettant les chances de digestion lente.

Voyons ces 2 avancées technologiques:
-La stimulation électrique cérébrale
-L’IRM analysant l’activité des neurones
Développées dans un but médical, elles se gardent bien de mettre l’accent sur leurs possibilités ultimes: lecture et contrôle de la psyché.
Utopie? L’IRM est actuellement capable, par la lecture des signaux des aires visuelles, de savoir à quelles images vous pensez.
Le déchiffrement des processus psychiques est autrement plus complexe, mais pas technologiquement impossible: il faut une base de référence plus spécifique de chaque individu, tous ces processus n’étant pas organisés en aires. Un fait demeure: un schéma d’activation neuronale correspond toujours au même fragment d’activité psychique, et on peut douter du moindre caractère aléatoire de leur enchaînement, si tous les stimuli qui l’influencent sont connus.
Déprimant, non?
Béance vers la police de la pensée.
Cf cet article sur la répression de la pédophilie.

L’autre avancée, la stimulation électrique, rend obsolète tous les gadgets électroniques améliorant le réalisme des mondes virtuels.
Quelle meilleure simulation que l’accès direct à vos centres d’interprétation de l’environnement, aussi bien sensoriels qu’émotionnels?
Même plus besoin d’attendre que l’un crée l’autre,
stimulons les 2 ensembles,
voire créons la liaison.
Le programmeur, espérons que ce sera vous,
pourra ainsi rendre agréable d’avoir un conjoint de 140kgs au nez orné d’une verrue poilue et qui pue des pieds,
beaucoup moins coûteux qu’un divorce,
personne ne doit plus souffrir.

Il y a quelques années j’étais inquiet que les espaces virtuels soient tellement attractifs à nos descendants,
que le monde réel se transforme en vaste service d’entretien,
pour robots heureux.

La perspective actuelle est différente, bien qu’aussi terrifiante:
celle de trouver le monde réel idéal, quel qu’il soit.
Le foutu Prozac en devient sympathique.

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