Ordre des médecins: La momie enlèverait-elle ses bandelettes?

Nous ne sommes habituellement pas tendres avec l’Ordre.
Organisme abritant de vifs foyers de protection corporatiste, de clientélisme, de pratiques douteuses sur les frais et rémunérations des élus…
Saluons donc ses tentatives de défossilisation, et en particulier la commission jeunes médecins, qui donne une tribune aux idées novatrices.
Momie

Celles de Gérald Kierzek, anesthésiste-réanimateur hospitalier de 33 ans, rejoignent celles soutenues depuis longtemps par Rhumatologie en Pratique:
(en italique, nos commentaires)

-Il n’y a pas pénurie de médecins (presque 2 fois plus nombreux par habitant en France qu’en Angleterre) mais répartition géographique inadaptée.
-> encourage les pratiques commerciales dans les secteurs à forte concurrence (sud-est, centres-villes), sous-médicalisation des campagnes.

-Pour motiver les installations en campagne, favorisons les réseaux, les cabinets de groupe, et les passerelles vers d’autres carrières.
Pour résoudre la répartition géographique inadaptée des cabinets, les médecins proposent toujours incitation plutôt que coercition…
Mais attention à ne pas transformer l’incitation en moyen pour les jeunes médecins de se faire rapidement un bas de laine en campagne et déménager le plus tôt possible en ville.
Nous en avons une expérience caricaturale en Calédonie avec la brousse, où les praticiens se succèdent à une vitesse effrénée à des postes très bien payés, ce qui n’est pas très bien vécu par les populations locales.

Et, OUI aux carrières pour le médecin, qui éviterait les exercices devenant dangereux parce que routiniers, sans incitation à l’amélioration et la remise en question.

-Un vrai statut libéral/hospitalier, que l’activité hospitalière ne soit pas un sacerdoce, au détriment de l’activité libérale.

-Stop aux écarts de rémunération injustifiés: Part trop belle aux actes techniques au détriment de l’acte intellectuel -> certains spécialistes sont payés 5 à 6 fois moins que d’autres.
Déterminants objectifs pour la rémunération: pénibilité du travail (urgences, gardes de nuit), responsabilité (prise en charge de problèmes vitaux ou non), charge de travail.
Ajoutons tout de même, ce critère universel: la compétence.

-Délégation des tâches aux paramédicaux (2 fois plus d’infirmières par médecin en Angleterre qu’en France)
-Création de campus santé, regroupant tous les enseignements de profession de santé, habituant les étudiants à travailler en réseau.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *