Traitements en révolution

L’essentiel:
-Santé: Le médicament a fait l’essentiel des progrès du siècle passé.
-Les pilules destinées aux masses s’essoufflent,
menacées même d’un retour de bâton,
à cause d’un marketing excessif.
-Les traitements individualisés sont les nouveaux hits de la santé.

Jusqu’il y a 20 ans, l’industrie pharmaceutique était en 1ère ligne dans les progrès sanitaires.
Les antibiotiques ont sauvé bien des vies, les vaccins ont presque éradiqué certaines maladies,
les suppléments hormonaux pallient des déficits autrefois mortels.
Mais pour maintenir leur croissance et devenir les perles boursières qu’ils ont été,
les laboratoires ont du trouver de nouveaux marchés,
en particulier traiter les gens bien portants,
c’est-à-dire les facteurs de risque,
Cible beaucoup moins convaincante.
Le médecin ne promet plus la santé mais des chances de l’avoir…

…Il faut traiter 49 bien portants pour éviter 1 infarctus chez le 50ème.
Les 49 resteront-ils parfaitement sans conséquence de ce traitement, inutile chez eux?
On le souhaite.
Mais il y a eu des morts par infarctus
pour que des arthrosiques soient soulagés par le Vioxx.
Le bénéfice individuel n’est pas certifié.
Cas de figure totalement différent d’un antibiotique pris pour une pneumonie.
Les grands progrès de la médecine des 2 dernières décennies
proviennent ainsi davantage de l’amélioration des techniques à visée individuelle,
chirurgie, explorations invasives, dépistage, traitements génétiques,
que de la mise au point de médicaments de masse,
blockbusters propulsés au sommet des ventes par des dépenses de marketing sur les prescripteurs,
2 fois supérieures au budget de recherche lui-même !!!

Actuellement l’industrie tente de s’en sortir avec les programmes d’aide à l’observance.
En effet les traitements de facteur de risque ne sont rentables
que si les patients les prennent, bien disciplinés.
Ce qui est loin d’être le cas.

Mais la véritable révolution
sera d’arrêter les statistiques « indifférenciées »,
d’améliorer la certification du bénéfice à l’échelon individuel,
que le médicament démontre un rapport avantage/inconvénient
utilisable par le prescripteur,
actuellement guidé par un marketing pressant
et de bien trop générales recommandations objectives.

Si traiter le risque devient moins rentable,
peut-être le retour des moyens permettra-t-il de guérir à nouveau des malades,
les HIV, les Chikungunya, les plasmodium, les bacilles devenant résistants.

Une réflexion sur « Traitements en révolution »

  1. Sujet connexe: L’industrie pharmaceutique surestime l’efficacité de ses produits et les pousse jusqu’à la commercialisation en tronquant les études animales, beaucoup moins surveillées, dixit l’Association britannique pour l’avancement de la science, après examen de 300 tests sur animaux pour valider 6 médicaments expérimentaux.

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